Serial Reviews

Critiques de séries telles que Dexter, Desperate Housewives, Heroes, Nip/Tuck, Prison Break, Six Feet Under, Skins, Weeds, etc.

25 août 2008

Desperate Housewives : Bilan de la saison 4

DH_4

Avant que les séries reprennent aux States, je tenais à faire le bilan de la seule série où je serai à même de faire la critique complète et constructive même si elle n'est plus ma préférée, à savoir Desperate Housewives et sa saison 4. Après une très bonne première saison, une deuxième correcte, une troisième un peu décevante mais excusable au niveau de la qualité, j'attendais beaucoup de cette quatrième saison.

On avait quitté la saison précédente sur un season finale très mitigé qui préparait les intrigues à venir : Alors que Bree revient de vacances chez la famille chez laquelle elle est partie déjà bien engrossée, ses amies sont surprises de la voir comme elle l'était avant : Avec un ventre rond. Mais cette fois-ci, les housewives n'ont plus de la merde dans les yeux et que constatent-elles ? Bree est "enceinte", c'est du moins ce qu'elle veut faire croire pour cacher la grossesse de Danielle, blablabla. Mais elle n'est pas la seule à garder un petit secret, Lynette cachant qu'un cancer lui a été diagnostiqué et les deux autres qui se marient sans que ça n'intéresse personne, l'un étant un mariage blanc, l'autre étant un mariage prévisible depuis quatre saisons. Ainsi s'achève la saison 3 de Desperate Housewives et commence à la saison 4.

Bilan général de la saison :
Dans un premier temps, je vais parler de l'évolution de la saison en lui-même en m'attardant moins sur les personnages. Les débuts de saison ont toujours été bénéfiques pour Desperate Housewives, sauf peut-être pour la deuxième saison où il était un peu mou. C'est simple : Ce début de quatrième saison faisait penser aux débuts de la série avec en prime une fraîcheur apportée par l'arrivée de la famille Mayfair. Des scènes drôles comme de moins drôles, notamment la scène très bien jouée de la part de Felicity Huffman où l'on voit Lynette chauve ; une scène particulièrement émouvante. Tout semblait aller pour le mieux, Desperate Housewives faisant un petit retour aux sources, en négligeant l'aspect soap opera qui étouffait trop la troisième saison. Pendant six épisodes, la série s'était réconciliée avec la qualité d'antan même si les audiences tendent à dire le contraire. C'est d'ailleurs le sixième épisode qui est pour moi le meilleur de toute la saison avec des scènes émouvantes, qui font froid dans le dos, le genre d'épisode spécial Halloween qui ne donne a priori pas envie mais qui est au final, est excellent. Malgré tout, c'est un épisode que deux intrigues lancées en fin de saison 3 s'achèvent : Danielle a accouché et laisse son bébé à Bree ; Lynette apprend qu'elle a été guéri du cancer (un fil rouge cependant mal géré). La troisième intrigue lancée ne tarde pas à toucher à sa fin puisque la tension monte d'un cran entre Victor et Gabrielle qui retourne à Carlos, lui-même lié, de force à Edie. C'est ainsi qu'on part dans le pur soap opera en respectant un schéma semblable par rapport à la troisième saison (6-7 bons premiers épisodes avec un épisode charnière).

C'est le septième épisode, à l'instar de Bang (3x07), qui sera l'épisode charnière de cette saison puisque c'est à ce moment là qu'on commence à procéder aux facilités de scénario... Ah ! Ces facilités, elles pourrissent Desperate Housewives et alors qu'on pensait en avoir suffisamment vu dans la saison 3, on n'est pas au bout de nos surprises car les derniers épisodes avant la grève des scénaristes sont tout simplement du soap opera pur et dur. On atteint le paroxysme avec l'épisode 9, très bon en soi mais aux conséquences catastrophiques. Je résume : Une tornade s'abat sur Wisteria Lane et emporte avec elle les éléments gênants, à savoir Silva pour les Mayfair et Victor pour les Solis. L'épisode touche à sa fin de façon très dure, avec une Lynette qui hurle de désespoir. Plein de questionnements étaient faits sur la situation de certains personnages. On savait Victor et Silva morts mais on pouvait douter sur Carlos et la famille Scavo (en particulier Tom).

Finalement, la réponse est apportée dans le dixième épisode, diffusé tout seul au mois de janvier et quelle réponse ! Je crois n'avoir vu aucune intrigue aussi cousue de fil blanc dans la série (voire dans toutes les séries) et pourtant, côté conclusions débiles, on avait été servis avec Alma Hodge et son accident de toit, illustré comme un suicide dans la troisième saison. L'épisode de la tornade nous avait parlé d'un(e) "ami(e)" qui allait mourir. On pouvait penser inévitablement à Carlos ou Tom mais le premier devient aveugle (demi-facilité) et le second est sain et sauf (grosse facilité) au détriment d'Ida Greenberg. Quelle déception et cette déception ne s'est pas calmée au retour des inédits, loin de là puisque l'on propose un onzième épisode tout simplement lamentable. Les housewives sont devenues l'ombre d'elles-mêmes et perdent en crédibilité, surtout Katherine et son intrigue à la cheminée qui fonctionne à moitié, écrite soigneusement par une vieille à l'agonie. Malgré les deux épisodes suivants qui se révèlent corrects, on n'atteint pas le fond qui est réservé pour les quatre derniers épisodes. Et là, ce ne sont plus les intrigues qui manquent en crédibilité, ce sont les personnages qui perdent en sympathie de façon considérable. On a désormais affaire à quatre quadragénaires qui se comportent comme des adolescentes égocentriques, égoïstes, manipulatrices et sans aucune saveur. Tout est mal joué et surtout mal écrit, avec des menaces de chantage débiles notamment. Bref, la série touche le fond à ce moment là et devient sa propre caricature.

C'est légèrement mieux pour le double épisode qui sert de season finale. Ça part dans tous les sens, ça use de facilités de scénario, ça dévoile un mystère extrêmement prévisible mais finalement, ça se laisse regarder. Il ne faut plus s'attendre à quelque chose de très intelligent de toute façon pour Desperate Housewives. Elle perd de la crédibilité de saison en saison mais arrive toujours à plaire, d'une façon différente, comme Nip/Tuck. Et on finit la saison sur une touche bizarre puisqu'en effet, on se projette cinq ans dans le futur, avec des actrices qui n'ont pas pris une ride. Avouons-le, les scènes respectives de ces cinq ans après sont ridicules pour toutes les housewives (sauf peut-être un peu moins pour Susan, ironiquement) et je pense que ça a été préjudiciable. On a voulu préserver le mystère mais en le remplaçant par des futilités. Je pense que beaucoup de téléspectateurs ont assimilé cette fin à du foutage de gueule et n'ont pas forcément cru que la série voulait trop se préserver. Avec du recul, je ne suis pas particulièrement sceptique vis-à-vis de ce bond dans le futur, c'est pour moi l'opération de la dernière chance pour Desperate Housewives qui veut quand même se montrer attractive en apportant un peu de fraîcheur au lieu de se reposer sur ses lauriers.

Évolution de la saison par personnage :

  • Je commence par Bree car c'est certainement le personnage chez qui il y a le moins à en dire. En fait, la Bree de la saison 4 est une copie de la saison 3. Les deux premières saisons étaient les saisons de Bree dans lesquelles un épisode pouvait être très satisfaisant uniquement par la présence de Bree (surtout la deuxième !) et c'est sa relation avec Orson qui a cassé le rite puisque depuis, c'est lui la star des Van De Kamp/Hodge et Bree reste dans son ombre et perd son piquant. Cela fait deux saisons que ça dure, je ne vais pas épiloguer dessus mais je trouve ça fort regrettable. On ne s'intéresse plus sur le personnage lui-même mais sur ses relations (le secret d'Orson dans la saison 3 ; la grossesse de Danielle dans la 4). On ne peut pas parler d'évolution pour Bree, on peut juste dire qu'elle n'a pas changé depuis la troisième saison : Elle est sans saveur, inutile et a beaucoup perdu en maturité paradoxalement. Je suis sceptique vis-à-vis du bond dans le futur la concernant.
  • Avec Gabrielle, c'est du n'importe quoi depuis la troisième saison aussi. On se perd dans des intrigues inutiles, des facilités de scénario, des relations éphémères... Sa relation avec Victor avait du potentiel mais il a été très mal exploité et au lieu de ça, on tombe dans la caricature du mauvais soap-opera. D'autant plus que tout est prévisible de son côté, bien plus que chez les autres housewives. L'événement le plus surprenant à vrai dire, c'est la cécité de Carlos, assez impromptue (même si la brique reçue à l'arrière de la tête, au lobe visuel donc, pouvait le prévoir) à laquelle Gabrielle réagit bizarrement. Je parlais d'un retour aux sources au début de ma critique, il en va de même ici avec les Solis de nouveau pauvres mais le coup de la peluche d'Ellie (qui n'a servi à rien) rempli d'argent est lamentable une fois de plus. On n'évolue pas, on recule, même si visiblement, le bond dans le futur prévoit du nouveau pour le couple ou plutôt la famille Solis.
  • Dans la troisième saison, c'était Lynette qui récoltait les meilleures intrigues ; dans la quatrième, c'est elle qui reçoit les facilités les plus flagrantes, à savoir l'intrigue du cancer qui avait énormément de potentiel mais finalement, Lynette a pris son pied avec le cancer. S'ensuit la pseudo-psychose de la tornade avant d'arriver sur l'intrigue la plus pourrie qu'on lui ait collé, à savoir la rébellion de Kayla. Chantage de bas étage, une garce sans saveur, un Tom totalement aveugle et naïf. Rien de pire pour détester à la fois Kayla et Tom (que je ne portais déjà pas dans mon cœur dans la troisième saison...). Mystère quant au bond dans le futur mais il semblerait qu'on ait un copié-collé de la première saison avec les enfants qui ont grandi.
  • Celle qui s'en est sortie le mieux dans cette saison, c'est Susan, peut-être parce qu'on n'attend plus rien d'elle depuis un sacré moment mais quoiqu'il en soit, elle n'a pas été si décevante que ça même si on s'emmerde toujours autant devant ses histoires. Elle est celle qui est le moins touchée par l'aspect soap opera et celle qui a le moins évolué depuis le début de la série. Grosse déception cependant pour le cas Mike-Orson qui a toujours ce goût d'inachevé et bourré d'incohérences. L'histoire de la pseudo-drogue n'est pas mal non plus dans le genre mauvais. Mais c'est la seule qui est intéressante dans le bond puisqu'elle s'est enfin trouvée un nouveau mec qui ne peut être que plus intéressant que Mike. Mais toujours des love story en guise de fils rouges la concernant.
  • Je ne sais pas à quoi s'amusent les scénaristes quand ils s'occupent d'Edie. On a l'impression qu'ils se forcent à lui dégoter une intrigue qu'ils peuvent casser si le besoin est (en cas de départ de l'actrice, par exemple). Ainsi, rien de très solide : ni sa relation avec Carlos, ni sa pseudo-guerre avec Bree. Personnage très mal exploité cette saison au contraire de l'année dernière.
  • Enfin, il y a les Mayfair. On a beau dire ce que l'on veut, ils sont les nouveaux Applewhite de Wisteria Lane et se ramène avec un mystère cousu de fil blanc dont on connait déjà la réponse au premier épisode de la saison, quand Julie fait référence à l'amnésie de Dylan. Mais ce qui est le plus flagrant chez eux, c'est l'entrée de plusieurs personnages totalement inutiles, à savoir Adam, sa maîtresse Sylvia et la vieille tante Simms. Ils n'ont servi à rien et semblaient être là pour donner un peu de consistance à l'intrigue, qui a un déroulement très très laborieux. Encore une histoire de morts dans le placard, Desperate Housewives répétant sans cesse le même schéma. Un grand point d'interrogation sur elle pour l'avenir. Sera t-elle rétrogradée au statut de personnage secondaire ?
En bref, nouvelle déception pour Desperate Housewives qui signe là sa plus mauvaise saison, pas très loin derrière la troisième saison cependant. La série s'enlise dans des intrigues peu attractives, encore moins intelligentes menées par des personnages qui ont perdu leur saveur. La quatrième saison se repose sur le même schéma que la troisième. Elle est clairement devenue un produit commercial qui mise avant tout sur les bouleversements de situation que sur la qualité de ses péripéties, comme en témoigne les traitements de faveur des principaux personnages et les nombreuses facilités de scénario. Je n'enterre pas la série mais elle m'a vraiment déçu une nouvelle fois et je ne ferai pas de cadeau pour la cinquième.

Posté par Fabulio à 02:02 - Desperate Housewives - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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