27 septembre 2008
Breaking Bad 1x01 : Pilot
Quoiqu'on en dise, les chaînes câblées regorgent de chefs d'œuvres, au contraire des séries des grands networks. La qualité prime sur l'audience, Breaking Bad le prouve bien à travers son épisode pilote. Elle n'était pas l'une des séries que j'ai retenues pour la nouvelle saison de Serial Reviews mais voilà quelques jours que cette série attire mon attention après avoir lu un article dessus.
De quoi parle Breaking Bad ? Et bien, à priori, ce pourrait être un Weeds façon méthamphétamines mais il n'en est rien. Elle raconte l'histoire de Walter White, professeur de chimie au lycée, qui apprend qu'il est atteint d'un cancer des poumons incurable et qui marque un tournant dans sa vie en se lançant dans la fabrication de méthamphétamines (ne comptez pas sur moi pour vous expliquer ce que c'est...). À première vue, le pitch a l'air à la fois original et ambigu ; il suscite de la curiosité sans vraiment d'enthousiasme. Moi-même, je n'ai pas été très emballé par le pitch mais quelle surprise !
Dès le début de l'épisode, on se dit que cette série sort du commun avec, notamment un pantalon qui vole dans les airs sans qu'on sache pourquoi et sans qu'on sache pourquoi, on voit un type en slip avec un masque à gaz qui roule en camping-car en plein désert du Nouveau-Mexique avec à bord, un autre type avec un masque à gaz et deux cadavres gisant sur le sol. En bref, une introduction complètement tordue et pour le moins bizarre, surtout quand Walter braque son arme. Arrive le flashback et on peut enfin avoir des réponses aux questions que ces premières minutes ont laissées.
On éprouve beaucoup d'empathie envers Walter, de la pitié aussi... Sa vie est loin d'être parfaite. Du haut de ses 50 ans, il connait quelques difficultés d'argent, subit les moqueries de ses élèves et est à charge d'un fils handicapé. Pas d'excès dans ces scènes, on assiste à des scènes très réalistes de la famille White. En outre, cet épisode mêle humour (la scène où Walter s'énerve au garage par exemple) et drame avec brio mais c'est le drame qui l'emporte dans cette série, notamment la scène où Walter apprend où il est en phase terminale d'un cancer des poumons, maximum 2 ans avec une chimio. Le ton est donné à partir de ce moment, tous les malheurs du monde tombent décidément sur ce pauvre Walter qui n'est pas au bout de ses surprises ! Walter décidera de reprendre sa fin de vie en main et faire ce qu'il lui plait, sans se gêner. J'ai beaucoup aimé la scène du magasin des vêtements où il frappe celui qui s'est moqué de son fils handicapé. On ne fait pas tout un drame sur le handicap de Walter Jr alors que dans Desperate Housewives, on joue dans l'excès sur ce genre de détail. Comme on pouvait s'en douter, Walter cachera sa maladie à sa famille, notamment à sa femme, enceinte, il est renfermé sur lui-même et c'est cet aspect qui rend le personnage de Walter si mystérieux.
Sa maladie sera aussi l'occasion pour Walter de faire quelque chose qui lui plait et qui rend également service à sa famille. Pour cela, après une descente de la DEA, il décide de se mettre à la fabrication de méthamphétamines et pour cela, il tombe sur un de ses anciens élèves, Pinkman. Peu d'atomes crochus entre les deux hommes, les deux sont complètement opposés mais j'aime beaucoup cette opposition entre l'élève un peu rebelle et le prof en slip un peu fou. J'espère que leur relation sera bien exploitée dans les épisodes à venir, il faudra bien de toute façon puisque les deux personnages sont indissociables. J'ai également beaucoup aimé le conflit entre Walter et les deux dealers ; l'un lui envoie la fumée de cigarette à la gueule pour le provoquer sans savoir et sans se soucier que Walter a un cancer des poumons. On pouvait penser que le personnage resterait de marbre mais grâce à son savoir, il parvient à éliminer les deux dealers, de façon cruelle c'est certain, et à continuer son petit bonhomme de chemin. En effet, cet accident ne l'empêchera à continuer son activité. C'est d'ailleurs un autre aspect que j'aime chez Walter : Même si il a l'air discret et coincé, il sait aller loin, très loin pour obtenir ce qu'il veut. Et puis, Bryan Cranston (Hal dans Malcolm) est un excellent choix, l'acteur est bien plus convaincant dans le drame que dans l'humour bête (comme c'était le cas dans la série pré-citée), il mérite son Emmy Award.
En bref, une excellente surprise. Originale, bien jouée, bien écrite, Breaking Bad est ce genre de séries, à l'instar de The Riches, excellentes mais trop peu connues du public. Reste à savoir si cette impression sera la même par la suite.
Note : 19 / 20
