Serial Reviews

Critiques de séries telles que Dexter, Desperate Housewives, Heroes, Nip/Tuck, Prison Break, Six Feet Under, Skins, Weeds, etc.

16 novembre 2009

One Tree Hill 1x01 : Pilot

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Retour des bouses télévisuelles, dans le cadre de l'événement de Serial Reviews, Pilot'o'bouses. Une série télévisée que je considère comme pourrie d'avance - ce qui est bien entendu subjectif - se verra critiquer son épisode pilote... et seulement son épisode pilote. Passage obligé pour One Tree Hill, connu en France sous le doux nom Les Frères Scott.

Après la critique du pilot de la très provocatrice (si si !) The Secret Life of the American Teenager, vous vous êtes certainement rendu compte que bon nombre de teen dramas étaient attendus au tournant pour le Pilot'o'bouses. One Tree Hill est à mon sens l'une des séries qui incarnent au mieux ce genre. Produite par The WB et, depuis la saison 4 par The CW, elle avait la tâche - que j'imagine lourde (n'ayant jamais été intéressé par ces séries) - de succéder à Dawson's Creek à partir de 2003. Honnêtement, c'était la série que j'ai sélectionnée pour Pilot'o'bouses que j'appréhendais le moins, elle est à mon sens la série qui s'en sortira le mieux. À qui cette série intéresse, One Tree Hill relate la vie des demi-frères Scott vivant dans la ville de Tree Hill, qui ont comme seuls points communs la passion pour le basketball ainsi que leur sang, étant lié par le même père. Ajoutez quelques poufs pom-pom girls par ci, par là, et vous obtiendrez l'archétype du teen drama américain.

La série aligne tous les clichés mais il ne faut pas oublier qu'elle date du début des années 2000, avant même l'âge d'or des séries (qui a vu l'arrivée en 2004 des mastodontes Desperate Housewives, Grey's Anatomy, Lost pour ne citer qu'elles). Le basketball est un sujet plus à même de m'intéresser, moi et les autres Français aussi j'imagine. Il s'agit du fil conducteur de One Tree Hill, telle Friday Night Lights (beurk) qui centre son action sur le football américain. Tous les éléments du high school américain sont présents, à commencer par un flagrant : les étudiants qui endossent la veste de leur équipe. J'ignore si c'était la mode à l'époque, cette même mode qui remonte aux années 1980 quand même, mais autant dire que les personnages n'ont aucun goût vestimentaire. Les musiques sont tout simplement horribles, indigestes, du mauvais pop-rock de pré-ado et du rap ; mauvaise musique, cela va sans dire. Il ne manque plus le bal de fin d'année dans le gymnase du lycée pour parfaire ce cliché ! Un cliché presque parfait, cette One Tree Hill.

J'entre dans le vif du sujet en parlant des personnages joués par des acteurs qui ont bien entendu émoustillé toutes les pré-adolescentes, adolescentes mais aussi certains garçons gays de ce monde. Chad Michael Murray n'est plus à présenter, de sa tignasse informe à ses yeux de chats, ce même Chad Michael Murray qui a d'ailleurs joué dans Dawson's Creek (je ne fais que lire sa fiche IMDb) mais qui n'a décroché son premier vrai rôle qu'avec One Tree Hill. En 2003, il n'avait que 22 ans et autant dire que l'expérience ne se fait pas sentir. Il a tout de même un personnage sur mesure : Lucas est d'une mollesse indéfinissable mais reste quand même un bon p'tit gars pour synthétiser ce qui a été dit. Aussi, faisons-nous croire qu'en plus d'être (assez) grand, musclé, calme et sérieux, il est également quelqu'un de cultivé (!), passionné de littérature (!!) si bien que quand il est sur le terrain avec ses amis basketteurs (dont l'un est bien sûr noir), il tape la discute autour des bouquins. Je ne peux m'empêcher de caricaturer cette scène :


Ami de Chad : Wesh, gros, qu'est-ce que tu lis en ce moment ?

Chad : À l'est d'Eden de Steinbeck. Trop bon !

Ami de Chad : Zyva, mec, c'est trop bon. Mate la prose, wesh ! Ouais... Ouais... (Part dans un trip solo de rappeur, avec la gestuelle et les paroles adéquates)


S'il y avait une scène ridicule à retenir, c'est certainement celle-ci. Reprenons un ton solennel car l'heure est grave, mes amis. Chad est en rivalité avec son demi-frère Nathan et c'est une question d'honneur familial qui se joue entre les deux. Interprété par James Lafferty, à peine 18 ans, mais qui a déjà un peu plus d'expérience de jeu que son compère. Parait-il, l'acteur avait encore de l'acné à cet âge mais l'épaisse couche de maquillage magique a évidemment fait disparaitre toutes ces petites imperfections. L'arbre généaologique est un peu compliqué à comprendre si l'on se contente des explications du pilot mais en fait, ce qu'il faut retenir (ce que je retiens, moi, du moins), c'est que Lucas et Nathan ont pour même père Dan et que ce dernier favorise son plus jeune rejeton. Le pauvre petit Lucas qui subit la méchanceté de son frère mais parviendra à racheter sa place à l'issue d'un match en tout point caricatural et prévisible.

Mais pourtant, One Tree Hill bénéficie d'une réalisation assez honnête et son écriture n'est pas vraiment à déplorer. À mon étonnement, il n'y a aucune scène guimauve, le ton reste posé sans être ridicule. Certes, on ne criera pas au génie mais le style n'est pas aussi épuré qu'on aurait pu le croire. Les personnages féminins, comme à l'accoutumée les pires dans ce genre de séries, servent certes de plante verte mais on ne remarque aucune fille qui se la joue salope pour le dire vulgairement. Pourtant, on pouvait attendre le pire avec une fille qui s'appelle Peyton (oui, que voulez-vous, les goûts des Américains en termes de prénoms ne finiront jamais de nous surprendre...) mais cette dernière reste heureusement très effacée. Son mec, Nathan, m'ôte même les mots de la bouche quand il la qualifie de "salope qui écoute sa nullité de musique". Là, je dis chapeau, Nathan a su lire dans mes pensées. On imagine certainement que les frères vont se disputer Peyton dans les prochains épisodes... Heureusement que je ne serai plus là pour voir cela !

En bref, sans doute la série s'est enlisée depuis l'épisode pilote mais One Tree Hill nous propose un épisode assez correct (sous entendu correct vis-à-vis de l'avis que j'avais de la série avant de regarder cet épisode), avec une réalisation et une écriture honnêtes. Le tout est forcément très caricatural et même ennuyeux je dois l'avouer mais la série sauve quand même les meubles. Elle a même quelques répliques censées et je concluerai ma critique sur cet adage de l'entraîneur vieux et obèse qui donne matière à réfléchir pour les séries qui commencent à sentir la naphtaline : It comes with old age, [...] constipation. (Ça arrive avec l'âge, [...] la constipation.) Desperate Housewives, si tu nous écoutes, même One Tree Hill est meilleure que toi !

Note : 9.5 / 20

Posté par Fabulio à 15:23 - - Test des épisodes pilotes - - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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21 septembre 2009

The Secret Life of the American Teenager 1x01 : Falling in Love

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Après une escale unique en France pour découvrir la série la plus trash de l'Hexagone, l'odeur de bouses américaines me manquait, dans le cadre de l'événement du blog Pilot'o'bouse dont je rappellerai le principe à chaque critique : une série pourrie d'avance choisie pour ce critère se verra critiquer son épisode pilote et seulement son épisode pilote.

C'est au tour de The Secret Life of the American Teenager, plus souvent abrégé Secret Life. Le pitch est le suivant : Amy Juergens, une adolescente américaine tombe enceinte après une soirée dans un camp de musique et la série se propose de nous faire découvrir la nouvelle vie qui attend cette future maman et ses relations avec sa famille et ses amis. Forcément, on est sur ABC Family et devinez qui est derrière ce projet indigeste ? Oui, vous avez bien vu : c'est Brenda Hampton qui a massacré le monde télévisuel avec 7th Heaven (ou 7 à la maison en français), seulement un an après l'arrêt de son outil de propagande en 2007 (le pilot de Secret Life date, lui, de 2008).

On imagine effectivement très bien Brenda Hampton taper du poing sur la table, se plaignant d'une télévision aux programmes dépravés, sans aucune valeur et aucune morale. Sinon ses convictions, Secret Life n'a rien de comparable à 7th Heaven tant la série est provocatrice. Oui, je vous assure, Secret Life est une série provocatrice, contre-provoquant ses opposants, eux-mêmes provocateurs. C'est finalement bien là la seule qualité de la série, son honnêteté et sa franchise : contrairement à 7th Heaven ou même à Desperate Housewives des années actuelles, on nous présente les débats actuels, là où Desperate Housewives n'ose même pas prononcer le mot "avortement" pour ses épisodes ! Bien que la série prenne directement partie, les scénaristes nous rappellent qu'une alternative à la grossesse existe, là où dans DH justement, c'est une fatalité : tu es enceinte, tu vas donc accoucher et être mère car il n'existe aucune issue possible. En ce sens, elle est provocatrice car le pilot n'y va pas par quatre chemins et diffuse d'emblée sa propagande. Cela rejoint ce que j'ai dit en début de paragraphe : 7th Heaven était une série qui jouait dans le subliminal, là où Secret Life joue dans le coup de gueule poussé haut et fort.

Mais ce coup de gueule tourne bien vite au ridicule et on se demande si, en fin de compte, la série ne joue pas dans l'autodérision et ne nous propose pas sa propre caricature. Pire qu'une série qui ne vit pas dans la même époque, c'est une série qui vit dans un autre monde et il serait peut-être temps de revoir les clichés du lycée américain. C'est honteux de proposer une telle ambiance en 2008, tous les clichés sont présents : du quaterback (assez hideux, celui de la série) de l'équipe de football du lycée, qui endosse la veste de son équipe et qui sort avec la blonde la plus populaire, non pas pom-pom girl mais presque. C'est en fait le personnage principal, très réservé et assez peu présente pour un personnage principal il faut l'avouer, qui assure un tel cliché puisqu'elle joue du cor dans la fanfare de l'école. Toutes les scènes avec ses amies sont bonnement ridicules, à commencer par celle où, par un jeu de regards, elles apprennent que Amy est enceinte ; ou encore, la scène où elles réfléchissent à un plan et dans laquelle l'une des deux considère qu'envisager l'avortement est une folie démesurée. Mais rien ne rivalise avec les différentes scènes de dîner familial qui, évidemment, commencent toutes par une prière. Et comme bons Protestants, la famille Juergens est riche, soignée et soucieuse de la bonne tenue. Honnêtement, j'ai cru que l'on se foutait de notre gueule avec le passage où le père de famille insulte littéralement sa fille cadette, sous prétexte qu'elle a des vêtements trop osés qui montrent le nombril et qui va, de fait, à l'encontre du code vestimentaire. Mais non, le fait est là : la série vit vraiment dans une autre époque et dans un autre monde.

La demeure de Juergens ne peut contenir tant de niaiseries, un partage est nécessaire avec les autres personnages, à commencer par l'insupportable puceau de Benjamin qui expose ses intentions au conseiller principal d'éducation, sans aucune gêne. Oui, un élève avoue à son CPE qu'il veut participer à la fanfare pour se rapprocher d'une fille pour coucher avec, afin de mettre fin à son pucelage. Le CPE est d'une ouverture étonnante puisqu'il réagit de manière complètement insensée en proposant à son élève d'appeler plutôt ladite fille au lieu de s'adonner à un projet fou dont le succès n'est pas garanti. Quand je vous disais que la série se déroulait dans un autre monde ! Rien n'est crédible dans cette série, encore moins le quaterback chrétien et croyant qui tente de s'approcher de sa petite amie, ce à quoi cette dernière lui répond d'attendre la fin de ses études de médecin avant de mettre la main au sac. C'est toujours de la même série dont on parle ou c'est sa caricature ? Les limites sont vraiment floues. Heureusement que des non-chrétiens (des athées ?) existent pour subvenir aux besoins du quaterback qui demande une pipe, à défaut de pénétration. Devinez le portrait de celle qui accepte la requête ? Elle est brune, elle a la peau hâlée et elle n'est pas chrétienne : elle remplit donc tous les critères de la série pour être une traînée. De même, celui qui a mis Amy en cloque, a agi ainsi parce qu'il est mentalement déstabilisé, si l'on croit la scène chez le psychologue dans laquelle il reparle des attouchements sexuels qu'il a connus étant enfant. Ne t'inquiète pas mon enfant, Dieu est là, Dieu est amour, Dieu viendra à ton secours en te dirigeant vers le droit chemin mais Dieu aurait besoin d'un peu de fric de la part de toute cette propagande faite sur son dos.

En bref, what the fuck ! Apparemment, les puritains conservateurs sont très mécontents et nous proposent une honteuse série qu'aucune personne à part Brenda Hampton pourrait produire. La série n'est que la caricature d'elle-même et ne lésine pas sur les moyens pour se faire entendre, ce qu'elle a réussi puisque la première saison a été un grand succès malheureusement. Mais vous savez quelle est l'ironie du sort ? C'est que la série attire même les foudres du Parents Television Council (voir ici et ici) qui l'a élue, une fois, pire programme de la semaine ! Ils ne comprennent pas la mouche qui a piqué la productrice de la merveilleuse 7th Heaven (dont ils font l'éloge - elle est la seule série à recevoir cet éloge -)... Nous non plus, on ne comprend pas !

Note : 7 / 20

14 septembre 2009

Plus belle la vie 1x01 : Episode 1

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Cocorico ! Plus belle la vie est la première série a voir son épisode pilote uniquement critiqué sur Serial Reviews, dans le cadre de l'événement Pilot'o'bouses dont je vous rappelle le principe : chaque semaine (plus ou moins), une série qui est à mes yeux pourrie d'avance se verra critiquer son épisode pilote et seulement son épisode pilote.

La première impression qui nous parvient en regardant cet épisode, c'est son côté cheap, à égaler n'importe quel film pornographique, que ce soit au niveau du budget qu'au niveau des décors qu'au niveau du scénario, si seulement il est présent. Mais, à l'origine, Plus belle la vie ne faisait pas les scores qu'elle faisait autrefois : si aujourd'hui, plus de 5 millions de téléspectateurs sont présents en moyenne chaque soir (avec un record de 6.8 millions !), elle devait se contenter de 1.6 millions de téléspectateurs pour ses débuts. Autant dire que le succès n'était pas au rendez-vous au départ et que les rentrées d'argent aussi. Seulement, près de 1400 épisodes plus tard, peut-on espérer un changement dans la qualité de jeu et de scénario ? J'en doute fortement et je laisse aux autres la responsabilité de vérifier cela.

La série de France 3 (qui n'y sera plus diffusée prochainement ?) n'a pas à ses reposer sur ses lauriers car elle n'est ni intelligente, ni originale, ni bien réalisée et ne fait rire qu'involontairement, à travers sa médiocrité. Son originalité vient peut-être du fait que, pour une fois, une série française n'est pas policière et ne se situe pas à Paris mais à Marseille. Pourquoi un changement de décor ? Parce qu'à Paris, "le temps était dégueulasse". La série vante bien évidemment les mérites de la ville, c'est-à-dire, le soleil, la plage et... euh... le soleil, encore ? La fiction n'est sans doute pas si éloignée de la réalité mais c'est incroyable comment les personnages jubilent autour du climat de la ville. C'est apparemment le régionalisme pourri français qui prend les devants dans les séries made in France. Est-ce que l'on voit, dans les séries américaines, les habitants de Los Angeles vanter autant le soleil de leur ville, en le comparant avec le "temps dégueulasse" de New-York ? J'en doute. Les plus représentatifs de tels dialogues sont les Parisiens, le père et sa fille, qui ont emménagé à Marseille. Ensemble, donnons de (très !) légères retouches aux dialogues :


Papa(risien) qui a attrapé le virus marseillais : Sens comme il fait chaud ici ! Il doit faire au moins 45°C à l'ombre... minimum ! Tu pourras bronzer sur la plage de mars à octobre... que dis-je ?! Toute l'année ! Il doit bien faire au moins 25°C en hiver ! C'est pour cela que j'ai décidé que nous allions emménager ici !

Fifille pourrie gâtée : Emménager ici ?! Mais ma vie est à Paris ! Tu ne m'as pas demandé mon avis, comme tu n'as pas demandé mon avis pour que maman et toi divorciez ! Et mes amis alors, tu y as pensé à mes amis ?

Papa(risien) : Ton ami, c'est le Soleil maintenant !

Fifille : Et mes cours de chant ? Tu sais que mon rêve, c'est de rencontrer les Jonas Brothers... Tu as donc pensé à mes cours de chant ?

Papa(risien) : Mais laisse les cigales chanter à ta place, sous le soleil !

Fifille : Et maman ? Tu as pensé à Maman ?!

Papa(risien) : Grrr... Maman, elle se tape des Africains mieux membrés que Papa...

Fifille : Tu n'es qu'un sale égoïste ! Reprend tous les vêtements Gucci que tu m'as achetés !


Cela va de soi, un investisseur en immobilier ne peut être qu'un sale capitaliste égoïste de droite, prêt  à tout pour gagner de l'argent. Ici, tout le monde est de gauche, notamment la vieille en attente d'expulsion. Oui, dans un quartier écarté de tout le reste de la ville, chacun se soutient, accepte les autres et vote de gauche. Non mais vous y croyez, vous, après avoir brassé de l'air sur le cas de cette vieille, que dans un quartier comme ça, on vote à gauche ? Si Marseille est une ville UMP depuis 1995 (et jusqu'en 2012 minimum), c'est juste une coïncidence... si si ! De toute façon, le vrai problème de cette ville, ce sont les Parisiens. Revenus du Canada, les Je-m'en-fous-de-leur-nom-de-famille, l'archétype de la famille française sont les premiers à repérer les Parisiens. Et qui dit Français, dit râleurs : "J'aime pas le Canada, il fait froid, je suis content de rentrer. Mais tes parents nous soulent à nous appeler, et je me suis tapé des heures de vol, j'en ai marre.". Pour égayer cette journée, le fils s'amuse à sa caméra et a une drôle d'envie, quelque peu malsaine : voir ses parents se rouler des pelles pour les filmer. Soit. Et la mère de famille, comme toute femme pleine de préjugés envieuse de l'appartement stylé de ses parents, en arrive à une superbe conclusion, jouant même sur les vers : "En tout cas ils ont les moyens, ca doit être des Parisiens.". Cela va de soi, encore une fois : pour avoir les moyens de s'acheter un tel apparement, il faut forcément être Parisien. Mais allons jusqu'au bout des clichés, en proposant un Papa(risien) capitaliste mais romantique et poétique, comme tous les Français (et là, c'est une réplique non retouchée !) :


Papa(risien) : Pour moi, une ville, c'est comme une femme : si on l'aime assez, on pourra la changer... en douceur, sans qu'elle ne perde de sa personnalité et Marseille est une femme qui a beaucoup de personnalité.


Si avec tant de charisme, il n'arrive pas à draguer sur les plages, je ne comprends pas ! Il a déjà convaincu l'adjointe au maire, c'est dire le succès qu'il rencontre !

Enfin, Plus belle la vie est ce que l'on faisait il y a 30-40 ans à la télévision américaine : des dialogues bien balancés mais insipides, certes mais aussi des amourettes impossibles qui dureront une éternité. Aussi, Roland (le seul personnage pour lequel j'ai retenu le prénom), le patron du Mistral retombe en adolescence en se cachant pour "embrasser sa meuf, wesh" (oui, c'est aussi ça, Marseille). Mais le soap-opera américain des années 70 francisé, c'est aussi les multiples retournements de situation et les cliffhangers invraisemblables : la vieille bientôt expulsée se suicide... aaaaaarg ! ; la fifille pourrie gâtée se fait voler son sac (et j'ai envie de dire que c'est ça aussi, Marseille) mais gageons qu'un charmant jeune homme le lui récupérera ; et le vieux Roland tape du pied en apprenant une hausse de loyer. Qu'est-ce qu'ils sont méchants, les propriétaires ! Virer les vieux et augmenter les loyers ! Mais peu importe, ce n'est pas à Marseille qu'on crèvera de froid si on devient SDF alors de quoi se plaignent-ils ? Quelle incohérence dans le propos !

En bref, il n'y a vraiment rien à garder de Plus belle la vie, sinon son audace à oser le soap-opera en France, sans que cela se casse la gueule. Que ce soit le jeu des acteurs catastrophique (Papa(risien) qui s'énerve en donnant un coup de pied dans un carton de vaisselle) servis qui plus est par des dialogues insipides, dont ils ne sont pas convaincus eux-mêmes ou des intrigues pathétiques vintage, Plus belle la vie confirme que les Français sont doués à quelque chose : se taper la honte (les séries un tant soit peu meilleures étant des échecs). A quand une série qui se déroule à Lille, hein ? Moi, je les attend de pied ferme et gageons qu'avec le succès (démérité) de Bienvenue chez les ch'tis, cela pourrait marcher.

Note réelle : 6 / 20
Note d'un Marseillais : 22 / 20

Bonus : Si vous avez une heure à tuer, vous pouvez lire le résumé des intrigues stupides de ces six saisons sur Wikipédia, à cette adresse.

04 août 2009

Sons of Anarchy 1x01 : Pilot

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Des conseils valent toujours mieux que d'autres : on m'avait conseillé de regarder Brothers & Sisters et Friday Night Lights "parce que c'est super"... que nenni ! On m'avait ensuite conseillé de regarder Sons of Anarchy...

Sons of Anarchy est diffusée sur la chaîne câblée FX depuis 2008 et forte de ses excellentes audiences, s'agissant du meilleur lancement de la chaîne depuis Rescue Me, elle a été naturellement reconduite pour une deuxième saison qui sera diffusée en septembre 2009. La série se déroule en Californie du Nord, et traite d'un club de bikers hors-la-loi qui font face à la fois à leurs problèmes personnels et à ceux du club. Ce club, de son nom complet Sons of Anarchy Motorcycle Club, Redwood Original (mieux connu sous l'acronyme SAMCRO), fait également face à des problèmes, la rivalité avec d'autres.

"Une série de bikers ? Fuyons !". Ce fut ma première réaction mais je me suis laissé prendre, convaincu par les arguments des amateurs de la série. C'est un milieu que je connais très mal, exceptés les clichés souvent véhiculés à leur sujet et le pitch m'inspirait encore moins que celui des séries auxquelles j'ai fini par adhérer comme Breaking Bad ou True Blood. Mais ici, pas de gros beaufs (ou alors, une petite poignée) avec des lunettes de soleil se pavanant et vagabondant sur leur bécane, juste des hommes et même des femmes, qui ont senti le besoin de se réunir, de fonder une communauté. La vérité est tout autre, tachée par des intérêts personnels et des accords douteux, via l'échange d'armes à feu notamment. En cela, la série est très intelligente et pose d'ailleurs les bases dès les premières minutes : se livrant à des activités illicites, le club suscite également la haine des autres clubs, que ce soient les Mexicains (les "Mayans") ou les Nazis (les "Nords"). Elle n'hésite pas non plus, dès les premiers instants, à montrer la violence telle qu'elle est, non camouflée, à l'image de ces immigrés clandestins carbonisés. C'est aussi l'image d'une police corrompue qui est véhiculée, prêt à servir les intérêts douteux des autres en comblant les siens. Quoiqu'un peu long, l'épisode pilote exploite exploite les 55 minutes (exceptionnellement pour le pilot) avec brio et s'il est encore difficile de trouver une unité dans ces intrigues assez indépendantes les unes aux autres, l'épisode ne reste pas moins intéressant. Dès le début, la série baigne dans un bain de sang qu'elle a elle-même causé et ces scènes d'action restent haletantes. Mais la série sait aussi faire dans un autre registre, plus posé et peut-être plus dramatique, à l'image de cette mère, ex-petite amie d'un protagoniste qui donne naissance prématurément à son bébé mal en point, en raison de son faible pour la drogue.

Parlons-en des personnages justement. D'entrée de jeu, on remarque que Jackson "Jax" Tiller sera le personnage principal de la série ; il est à la fois celui qui apparait en premier à l'écran et celui sur lequel l'action se concentrera le plus. Après tout, il est le père dudit enfant prématuré et il voit son rôle de vice-président quelque peu compromis depuis que son ex-petite amie ait accouché mais aussi depuis qu'il apprit quels étaient les réels intentions de son père, fondateur du club. Mais malgré son air de gros dur, il reste encore sous l'aile de sa mère qui mène d'une main de fer à la fois la vie privée de son fils et, indirectement, les affaires du club. Son franc-parler et sa franchise la perdra sûrement, là où l'hypocrisie a payé pour certaines personnes, comme Tara, le médecin qui s'occupa du bébé de Jax et de Jax lui-même ; elle n'hésite pas à la faire rappeler d'où elle vient et que, finalement, on ne peut pas renier le passé aussi facilement. C'est la même conclusion qui s'observe chez Wendy, la mère junkie, qui a beau clamer haut et fort qu'elle fera des changements, il en résulte la même faute. Elle retombe dans son addiction, juste après son accouchement après que sa belle-mère lui ait tendu la perche : cette fin d'épisode est évidemment très dure. Elle mène indirectement les affaires du club dans la mesure où, veuve du fondateur et remariée à l'actuel Président, elle bénéficie d'un certain crédit. Ce président du club s'appelle Clay et prend également Jax sous son aile puisqu'il est pressenti pour le succéder. Enfin, toute une kyrielle de personnages nous est présentée dans l'épisode, du pirate informatique au trésorier du club. L'épisode s'octoire même une pause détente quand il s'agit pour le trésorier de gagner honnêtement de quoi arrondir les fins de mois, en interprétant Elvis, mais d'une manière beaucoup moins honnête. Il est accompagné par le petit nouveau qui brille par sa naïveté et son désir de se faire remarquer et de bien faire, avec notamment la tête de cerf non empaillée qu'il a lui-même coupé à la tronçonneuse. Mais les anciens du club ne sont pas oubliés, comme Ope qui a pâti de son expérience au club par un séjour en prison qui l'a éloigné de sa famille.

En bref, les 55 minutes passent sans moments d'ennui dans cet épisode pilote plutôt convaincant. Il confirme la renom des séries du câble, en étant à la fois intelligente et décomplexée vis-à-vis certaines scènes. Il reste cependant quelques imperfections et rien ne garantit que la suite sera de la même veine.

Note : 14.5 / 20

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13 juillet 2009

Nurse Jackie 1x01 : Pilot

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Showtime a décidément le vent en poupe en ce moment. Concurrente de HBO, elle peut se permettre de risquer des paris osés, notamment de renouveler une série à peine commencée pour une deuxième saison avec, justement, en rôle principal, une ancienne tête de HBO que l'on a déjà vue dans Oz ou dans The Sopranos : Edie Falco.

Et Edie Falco ne pouvait avoir de meilleur rôle. L'uniforme de gardienne de prison lui colle aussi bien à la peau que celui d'infirmière. En effet, dans Nurse Jackie, elle interprète Jackie, une infirmière new-yorkaise qui doit jongler entre sa vie professionnelle mouvementée et sa vie personnelle dont elle atténue les désastres en se droguant.

Immédiatement, on pourrait penser à House mais la comparaison ne va pas plus loin que la prise de drogues. En effet, si elle a, elle aussi, des méthodes de travail peu chrétiennes dans un hôpital pourtant assez rude, elle n'a ni le respect, ni la possibilité de recul dont House bénéficie. Elle n'est qu'une de ces infirmières contrôlées minutieusement, que l'on peut très aisément remplacer si besoin. Cet épisode plante parfaitement le décor et repose sur une réflexion intéressante : Là où les infirmiers sont devenus ce qu'ils ont pour soigner et s'occuper des patients, les médecins ne sont payés que attiser leur curiosité quelque peu malsaine. Entre l'incompétence de médecins qui ont les chevilles gonflées et la pression de l'Etat qui accorde aveuglement des privilèges utilisés à mauvais escient, Jackie décide de faire sa propre justice. Aussi, le personnage est à la fois angélique et cruel. Angélique dans le sens où elle prend pitié pour cette jeune femme récemment veuve à cause d'une négligence des médecins (qui restent souverains par rapport aux infirmiers) mais tout aussi cruelle dans le sens où elle jette dans la cuvette des toilettes l'oreille coupée d'un secrétaire d'un ambassadeur agressif après avoir prononcé un hilarant "Fuck you" à cette même oreille coupée. Ou bien, cruelle dans le sens où, à la fin de l'épisode, elle crève sans hésitation la roue d'un cycliste impoli à qui elle avait pourtant conseillé de faire attention. Plongée entre cynisme et humour noir, cette série démarre très fort, menée par un personnage très attachant, voire très touchant.

Pour l'instant, on ne sait pas trop quoi en attendre de cette série, on ignore vers où elle se dirige. Contre toute attente, la drogue est reléguée au second plan (dans ce pilot tout du moins) et le monde médical n'est qu'une toile de fond. La série fait plutôt état de la connerie humaine, tel l'égoïsme illustré par les proches du cycliste défunt qui ne voient pas d'un bon œil le fait qu'il ait accepté de donner ses organes (ce qu'il n'a pas jamais fait puisque Jackie a trafiqué la carte de donneur) ou de sa femme qui, sans doute prise par l'émotion, aurait préféré récupérer son corps pour vendre ses organes sur le marché noir. Ou alors l'abus de pouvoir de certains qui est, à la fois, illustré par le médecin qui a "tué" le cycliste, en droit de toucher les seins des infirmières et de les draguer comme par ce secrétaire d'ambassadeur qui profite de son statut, et donc, de son immunité aux yeux de la loi, pour s'en sortir indemne, pouvant même exiger la réparation de son oreille coupée. Finalement, Jackie ferait ce que tout le monde aimerait faire mais n'oserait pas faire. Et comme une série ne repose pas que sur un unique personnage, elle est accompagné par d'autres, tous plus excentriques les uns par rapport aux autres ; que ce soit l'infirmier gay ; le médecin avec qui elle s'envoie en l'air ; son autre amie médecin dont les chevilles sont enflées dans le sens figuré comme au sens propre ; sa patronne "méchante sorcière" ; ou encore cette étudiante en médecine naïve qui lui court après. Finalement, une avait raison : Jackie est la seule personne sensée de cet hôpital. Pourtant, on ne comprend toujours pas ce qui l'a amenée à se droguer puisque l'épisode se termine par une scène de sa famille et avec un conjoint visiblement attentionné et deux filles irréprochables, on ignore en quoi sa vie personnelle est un désastre et pourquoi elle décida d'aller voir ailleurs.

En bref, si j'avais un conseil à vous donner, c'est de ne pas se limiter au pitch pas forcément attractif d'une série. Si je n'avais pas suivi ce conseil, je n'aurais jamais découverte l'excellente Breaking Bad ou bien, en l'occurrence, Nurse Jackie qui démarre en fanfare. On n'en est qu'à l'épisode pilote mais si, comme moi, vous adhérez à ce cynisme et à cet humour noir, vous aimerez Nurse Jackie.

Note : 16.5 / 20

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01 juillet 2009

Hung 1x01 : Pilot

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True Blood avait connu un excellent démarrage pour sa saison 2 sur HBO, il en va de même, dans une moindre mesure, pour cette série estivale que j'attendais avant tout, quitte à en espérer beaucoup (trop ?). Alors, Hung, si bien monté que cela ?

La série raconte les mésaventures de Ray, un professeur entraîneur de basketball, qui accumule les désastres, surtout financiers. Pour y remédier, il rentabilise son plus gros attibut, son gros pénis, comme l'indique le nom de la série. Une série que l'on pourrait qualifier de comedy-drama, avec pour rôle principal Thomas Jane, réalisée par les créateurs de la série inachevée The Riches.

Pilot oblige, le format est de 40 min, exceptionnellement et à mon sens, il faut bien insister sur l'adverbe "exceptionnellement" : Si les séries ne sont pas du tout les mêmes, Hung peut toutefois se rapprocher de Californication au niveau de l'inexistant fil rouge. Il suffira, en effet, de suivre les aventures d'un homme divorcé, au bord de la dépression, plus ou moins comme Hank Moody. À vrai dire, ce sont leurs seuls traits en commun car Ray n'a, certes pas, le charisme de Hank, mais il n'en est pas moins attachant. Autre différence, Ray ne couche pas gratuitement par luxure mais il vend son corps pour subvenir à ses besoins. On parle finalement assez peu de prostitution masculine et la série tente de pénétrer dans ce milieu sous forme humoristique. Pour expliquer la manière dont il est arrivé là, il suffit d'un flashback qui couvre une majeure partie de l'épisode. Heureusement, que ceux qui ont une aversion des flashbacks (moi compris, dans une certaine mesure), ils diffèrent totalement des flashbacks des séries plus nébuleuses. Ici, pas de mystère, on nous proposer de faire une rétrospective de la vie de Ray et, ma foi, ce n'est pas plus mal de le faire pour le pilot avant de ne plus jamais y revenir. Ainsi, c'est surtout l'accumulation de désastres qui ont amené Ray à présenter son trophée, qu'ils soient familiaux (ayant divocé et perdu la garde de ses enfants), professionnels (avec une équipe inexpérimentée) et surtout, financiers, avec l'incendie qui sera finalement l'événement de trop. Par ailleurs, Ray ne peut compter sur son salaire de prof d'une région en crise de reconversion, pour venir à bout.

L'éventail de personnages est assez restreint pour l'instant ; il se compose de Ray, de ses deux enfants adolescents, une fille en surpoids et un fils gothique qui mène chacun leur vie ; de son ex-femme Jessica remariée à un riche dermatologue et enfin, de Tanya qui est une relation sans lendemain mais, paradoxalement, avec un potentiel futur. Effectivement, si ses cris de jouissance sont insupportables (Ray en fait les frais autant que nous !), elle s'avère être un personnage important, si ce n'est le plus important après Ray lui-même puisqu'elle se propose d'être son maque et c'est amusant que ce soit une femme qui soit la proxénète d'un homme. En outre, il convient d'insister sur le fait que Ray se décrit comme "escort" et non "gigolo" ; on pourrait de fait penser qu'il ait des homosexuels parmi ses clients à l'avenir. Mais pour l'instant, tout laisse (malheureusement) à penser que sa clientèle soit exclusivement féminine. L'autre défaut que l'on pourrait adresser à Hung, ce serait d'être trop pudique. Ça rejoint finalement Nip/Tuck qui veut nous faire dresser le portrait d'un Christian bien membré : on reste dans le on-dit et personnellement, je pense qu'il faut le voir pour le croire. Je ne demanderais qu'à aller vérifier si Thomas Jane est véritablement bien membré mais il est probable que non (ou alors, dans une moindre mesure par rapport à l'énormité du pénis de Ray présentée par la série). Aussi, la déception est grande chez les téléspectateurs gays qui espéraient voir ne serait-ce que les formes de la bête dans des vêtements moulants (on préfère au contraire le caleçon ample). On a beau être chez HBO (qui, je le rappelle, nous a déjà proposé son catalogue de pénis dans des séries comme Oz !), la série n'ose pas. Sans pour autant virer dans le porno, on peut espérer des changements d'ici là.

En bref, ni TBM, encore moins TTBM, Hung est juste bien montée, par son intrigue et sa réalisation, et bien membrée à travers des acteurs tout à fait corrects. Le pilot remplit sa fonction en implantant le décor mais on regrettera sa pudeur. Quand même, pour une série qui tourne autour de la bite, c'est assez hypocrite !

Note : 12 / 20

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07 juin 2009

True Blood 1x01 : Strange Love

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Je n'ai jamais vraiment été fan de Six Feet Under et de son créateur Alan Ball. Je suis encore moins fans  d'histoires de vampires. Pour vous avouer, je n'ai jamais été fan de séries fantastiques mais je me suis laissé convaincre par le buzz créé autour de True Blood. Mérite-t-elle ce buzz au juste ?

True Blood est donc cette série diffusée sur HBO depuis le 7 septembre 2008 qui relate les péripéties de la petite ville de Bon Temps, en Louisiane qui voit mal le retour des vampires parmi la population, ces derniers ayant trouvé un substitut - du sang synthétique - pour nourrir sans tuer. À l'inverse, le retour des vampires suscitent de l'intérêt pour certaines personnes comme Sookie, une jeune serveuse télépathe, qui tombe sous le charme de Bill, un mystérieux vampire qu'elle rencontra sur son lieu de  travail, au Merlotte.

Cela faisait longtemps que j'envisageais de me mettre à True Blood. Tantôt persuadé, tantôt dissuadé par  les critiques que j'ai lues, j'ai finalement voulu forger ma propre opinion. Il y a finalement peu à retenir de l'épisode dans la mesure où rien ne sort des sentiers battus. Cependant, cette confidentialité des fils rouges suscite chez nous une certaine curiosité. Au fond, même si la série plante difficilement son décor, on ne peut s'empêcher de penser que la série nous surprendra et de se poser des questions. Le personnage le plus mystérieux de cette série reste sans aucun doute cette fille, au prénom étrange, Sookie qui parvient à lire dans les pensées des autres. Pourquoi cette faculté ? Qu'apporte-t-telle au concept même de la série ? Le jeu de l'actrice qui l'interprète, Anna Paquin est aussi un mystère tellement il se montre imprévisible et inégal. Si le personnage de Sookie est intéressant, son interprétation est beaucoup moins convaincante, au même titre que le vampire Bill dont le personnage s'est épris. À leurs côtés, on a une kyrielle de personnages plus ou moins déjantés, tels Lafayette, le cuisinier black au comportement ambigu ou l'amie d'enfance agressive de Sookie, Kara. Et dans une moindre mesure, le patron du Merlotte, Sam, amoureux de la jeune télépathe ; cette dernière reste apparemment insensible à ses sentiments dans la mesure où leur cohabitation a du le lui faire savoir il y a bien longtemps. Du côté de la famille de ce qui semble être la protagoniste, on peut aussi son frère Jason qui fait chavirer les cœurs, et pas que les cœurs, de ses partenaires, notamment celui d'une victime de la brutalité sexuelle d'un vampire qui filme ses ébats, retrouvée morte le lendemain. Ce sont avec ces intrigues que True Blood tente de planter le décor mais ça reste assez léger, à l'instar de l'histoire des deux dealers qui s'en prennent à Bill, sauvé de justesse par une Sookie qui n'a pas froid aux yeux mais qui devra embrasser le bitume lors d'une sanglante vengeance. C'est finalement sur ce gros plan sur les plaies sanglantes de Sookie que se clôture le pilot d'une série sur le vampirisme.

Mais au fond, qu'est-ce qu'on retiendra de cet épisode ? Il y a d'abord une grande partie consacrée au sexe et cela commence dès l'introduction et cela ne va pas en s'arranger avec le personnel du Merlotte ou les trips sexuels de Maudette. On n'entre pas vraiment dans le vampirisme à proprement parler mais plutôt sur la relation platonique qui se dessine entre Sookie et son vampire mais comme toute relation platonique, elle risque d'être lente et de prendre (perdre) son temps. True Blood aborde un sujet qui était déjà cher à Alan Ball du temps de Six Feet Under, celui de la différence et cela commence par le formidable générique qui parodie le "God hates fags" (Dieu déteste les pédés) d'une stupide organisation religieuse homophobe aux Etats-Unis, en la modifiant pour un "God hates fangs" (Dieu déteste les crocs). La série utilise une créature de folklore pour faire passer le message et c'est plutôt ingénieux : la scène du tête-à-tête entre Sookie et Bill, méprisé du regard par tous les autres clients m'a fait penser à une scène semblable entre un couple homosexuel (des téléspectateurs homosexuels se sont peut-être indirectement reconnus dans cette scène) ou ce que pourrait être la réaction face à un couple interracial il y a quelques décennies aux Etats-Unis, surtout dans une région du sud qui reste conservatrice. Je m'avance peut-être vite mais Six Feet Under n'avait jamais caché ses opinions sur la société ou la politique (surtout pour une série qui voit le jour sous le premier mandat de Bush !).

En bref, on m'avait prévenu que cet épisode pilote était très moyen, je ne suis donc pas très surpris. Tant bien que mal, True Blood plante son décor mais il ne manque plus que les personnages pour donner à vie à cette série d'Alan Ball qui parle une fois de plus de la mort. Difficile de se prononcer au final.

Note : 12.5 / 20

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31 mai 2009

Mental 1x01 : Pilot

Mental_1x01

C'est avec une certaine curiosité que j'attendais cette série. Tournée en Colombie pour réduire les coûts et programmée fin mai, la FOX ne vise pas sur elle, de toute évidence. A-t-elle raison ?

Avant tout, brève présentation de la série : le docteur Jack Gallagher, un psychiatre de renom part du Vermont pour rejoindre [officieusement] un Los Angeles [au climat tropical], où il est promu directeur des services psychiatriques d'un hôpital. Il doit y adapter ses méthodes peu orthodoxes aux idées plus conservatrices de sa patronne, Nora Skoff, avec qui il eut une relation amoureuse.

Si le pitch vous fait directement penser à Dr House, vous avez à moitié raison. Jack Gallagher a beau être presque aussi excentrique que ne peut l'être Grégory House, il n'en est pas moins l'anti-House par excellence. Là où House préfère soigner les patients à distance, Jack préfère au contraire s'en rapprocher. Mais il faut quand même nuancer cet aspect dans la mesure où la psychiatrie oblige plus ou moins un rapprochement des médecins avec leurs patients. Cependant, ces méthodes, quoique efficaces, déplaisent à sa supérieure, qui est la copie parfaite de Lisa Cuddy, c'est-à-dire une patronne qui ne peut que saluer les efforts de son médecin fêlé après s'être montrée extrêmement réticente. La ressemblance avec Grégory House s'arrête à ce moment. Gallagher cherche en effet à se faire apprécier par son personnel, là où House s'en fout totalement. Un exemple qui peut illustrer cet aspect et la relation tendue entre Gallagher et le docteur Hayden-Jones, qui vit mal le fait qu'un étranger ait pris le poste qu'elle visait ; Gallagher la soutenant dans ses décisions. Soit. Il n'est pas sûr que l'on supporte très longtemps le personnage sous ces traits de bon samaritain, d'autant plus que ces séries qui se focalisent autour d'un seul personnage échouent souvent à exploiter les autres. Mental ne fera pas exception car, ni les deux larbins latinos, ni le docteur Carl Belle risque d'apporter de la profondeur et de l'originalité dans cette série.

Mental suit les traces de Dr House, jusque dans ses défauts puisque la série reste confinée au milieu hospitalier à l'intérieur d'épisodes quasi-indépendants. L'épisode a beau se terminer sur une touche assez nébuleuse chez Gallagher, on voit que la priorité des scénaristes est avant tout l'aspect médical et le traitement de la maladie. Si Chris Vance (Dr Gallagher) et Silas Weir Mitchell (Vincent) ont tous les deux joué dans Prison Break (respectivement dans les rôles de James Whistler et de Haywire, un autre personnage fou), ils ne se sont jamais rencontrés. Sans pour autant dire qu'il y a une superbe alchimie entre les deux acteurs, les voir ensemble est plutôt plaisant. Mais il y a peu à retenir en fait du traitement du patient, qui est bouclé au bout d'un épisode et pauvre en surprises. Alimentée par des hallucinations sympas, l'intrigue est cependant monotone. Il en va de même pour l'homme à chats qui congèle toutes les personnes qui lui sont chers après leur mort. On ignore encore si la série sait où elle met les pieds mais j'attends un peu mieux dans les traitements à venir.

En bref, Mental apparait comme un ersatz de Dr House et tombe dans les mêmes pièges que cette dernière. L'épisode n'est pas mauvais mais pour un pilot, c'est plutôt léger. Mais n'enterrons pas la série tout de suite, laissons-lui le temps de s'installer. À suivre, donc.

Note : 11 / 20

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17 avril 2009

Parks and Recreation 1x01 : Make My Pit a Park

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Make My Pit a Park / Pilot

On comble les trous avec ce qu'on a ! Mais ces nouvelles séries choisies à la dernière minute peuvent être très sympathiques. J'avais envie de changer d'air, me tourner vers une sitcom pour une fois, prendre un bol d'air de Parks ans Recreation...

Cette sitcom sans prétention est diffusée tous les jeudis sur NBC avec, en haut de l'affiche, Amy Poehler dirigeant le département des parcs et loisirs de la ville fictive Pawnee, dans l'Indiana. Bien que le pitch soit très léger, Amy Poehler met toute son énergie pour rendre le personnage de Leslie convaincant et drôle. C'est assez réussi et si on ne s'écroule pas de rire, certains passages prêtent à sourire (voire à rire), tels que l'introduction avec le stupide sondage, ce qu'il en suit avec le clochard dans le toboggan mais aussi la réunion plongée dans le noir. Toutes ces situations résultent avant tout du personnage principal dont tout le charme réside dans sa naïveté, puisqu'elle accorde une grande importance à son département et se compare même à certaines femmes politiques qui ont été influentes ces derniers mois ou dernières années telles que Hillary Clinton, Nancy Pelosi ou Sarah Palin. À ses côtés, on retrouve le maire ultralibéral qui cherche à rentabiliser les parcs publics ainsi que des collègues de bureau. Le fil rouge, si on peut le qualifier ainsi, est installé dès ce pilot puisque Leslie doit faire face au carnage qui a été fait sur un terrain à proximité d'une résidente. Elle aspire à le transformer en parc et l'on suivra sans doute l'évolution du parc au fil de cette maigre première saison de 6 épisodes. Cependant, la série reste gentiment satirique et encore assez convenue mais elle est très plaisante à suivre.
Ce qui suscite d'autres doutes, c'est la façon par laquelle la situation est présentée -sous forme de documentaire- qui se retrouve déjà dans la série The Office. D'ailleurs, Parks and Recreation est présentée, à tort, comme son spin-off. Il est à se demander si ce procédé de faux documentaire (ou mockumentary, en anglais) portera ses fruits... Pour l'instant, je ne suis pas un adepte du genre ! Les apartés sont, à mon goût, trop nombreux et pas forcément très utiles, ni drôles.

En bref, comme dans beaucoup de sitcoms, cette série vaut pour un seul personnage, celui de Leslie. On ne s'en plaint pas car l'actrice est excellente. On passe un agréable moment même si la série n'est pas exempt de défauts. Que dire de plus ?

Note : 13.5 / 20

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15 avril 2009

Harper's Island 1x01 : Whap

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Cette série fait partie de mes choix de dernière minute, en raison du prochain chômage technique qui s'annonce, c'est-à-dire des nombreuses séries critiquées sur Serial Reviews qui touchent à leur fin. Présentée comme la série de l'été, Harper's Island est en fait un pot-pourri de tous les types de films d'horreur existants.

Cette série me suscitait quand même énormément d'appréhensions. Tout d'abord, je n'ai jamais regardé une série de CBS car pour moi, CBS, c'est avant tout CSI (Les Experts), la série qui pète plus haut que son cul, accompagné de ses spin-offs insipides ainsi que d'autres cop shows sans intérêt et des sitcoms dont la très médiatisée How I met your mother, entre autres. Mais ne comptez pas sur moi pour regarder une série, autre que Harper's Island, de la part de cette chaîne. Néanmoins, Harper's Island veut casser la routine de CBS, en proposant une idée originale, celle de transposer le concept de slasher movie à la télévision et elle se présente comment l'adaptation du roman d'Agatha Christie, Dix Petits Nègres et du film Scream. Mais c'est tellement mal géré qu'elle devient l'adaptation de tous les films d'horreurs imaginable avec une qualité comparable à un film de série B, voire série Z.

Ajoutez à cela un casting peu alléchant ou des rôles mal attribués. Je pense notamment à Richard Burgi qui écope du rôle du père de la future mariée mais qui s'éloigne totalement des rôles qu'il a connus jusqu'à alors. Ainsi, j'ai du mal à le prendre au sérieux après avoir joué Karl Mayer dans Desperate Housewives et surtout quand il a joué un détraqué sexuel qui baise des meubles dans Nip/Tuck. Il est l'un des seuls "vieux" de l'équipe puisque le reste est composé d'amis de chaque fiancé et il n'y a pas plus cliché. La série propose son éventail de personnages, des gosses de riches aux pauvres beaufs, ainsi que des personnages inclassables comme Abby et son pêcheur qui sont les plus supportables du lot (même si le flashback d'Abby est ridicule, quand elle voit sa mère pendue et qui n'a rien d'autre à dire qu'un innocent "Mom ?"). Par contre, toutes les autres filles sont des petites connasses blondes qui sont la copie parfaite de Paris Hilton et son Tinkerbell. Mais le summum du ridicule est atteint par la gamine, Madison, qui entre dans le cliché de la gamine bizarre morbide de n'importe quel film d'horreur. Les scénaristes y vont avec leurs gros sabots en mettant en avant ses pulsions meurtrières et autres morbidités ; ils se sont visiblement inspirés de Shining et de L'exorciste sauf que Madison n'est pas drôle pour un sou et n'est pas du genre à lancer des insultes hilarantes ou à vomir sur ses parents.

Ce beau petit monde est réuni pour une histoire cousue de fil blanc qui montre, d'emblée ses faiblesses et ses absurdités. Ce qui m'étonne, c'est que la série se présente comme l'adaptation libre de Dix petits nègres alors qu'elle n'a rien du roman, peut-être le rythme auquel les invités sont tués mais avec une subtilité propre à Scream, c'est-à-dire presque inexistante ; on veut avant tout faire dans l'épouvante avec une raison, encore inconnue à ce jour, mais qui se révélera décevante. Gageons que Thomas Wellingter, le père de Trish la mariée, a planifié ces meurtres, avec l'aide de Hunter, qu'il aurait préféré en beau-fils. Cette histoire est horriblement cliché et tellement éloignée de notre époque ! La bourgeoise qui va épouser son prolétaire, contre les souhaits de son père déterminé à y mettre fin avec un autre prétendant d'une autre famille bourgeoise. Finalement, on s'en fout de savoir qui est le tueur en série mais tout ce que l'on sait, ce qu'il ne chôme pas puisqu'il a commencé par tuer le cousin Ben, attaché à la coque du bateau, à côté des hélices. Ce procédé fait doucement penser à une autre référence de film, Saw mais contrairement à ce dernier film, Harper's Island n'entrera pas dans les détails. Il continue avec l'oncle Marty et apparemment, le tueur en série doit avoir une mâchoire de crocodile pour s'enfiler la moitié d'un corps humain ! Un couteau ou même une hache ne peut pas couper un corps en deux, pas en si peu de temps (du moins, je le suppose, je n'ai pas encore essayé !). En outre, on tente d'instaurer, en vain, une ambiance de suspens et laisser planer le doute sur l'identité du tueur, qui navigue de la connasse blonde qui plonge dans la mer, à son mec en passant par l'oncle Marty avant que celui-ci ne rende l'âme. La grande révélation est attendue dans 12 épisodes. Enfin, tandis que les téléspectateurs sont dans les bras de Morphée, le suspens, lui, ne dort jamais et l'épisode se conclue par un pitoyable cliffhanger.

En bref, Agatha Christie se retournerait dans sa tombe en voyant le carnage qui a été fait, même pour une adaptation libre. Harper's Island débute extrêmement mal et cumule tous les défauts. Mais je dois être aussi masochiste que le tueur n'est sadique puisque je compte regarder au-delà de ce pilot.

Note réelle : 7 / 20
Note nanaresque : 15.5 / 20

Posté par Fabulio à 15:48 - - Test des épisodes pilotes - - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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