03 juin 2009
Breaking Bad 2x13 : ABQ

L'an dernier, Breaking Bad avait du se contenter de sept épisodes pour nous convaincre de revenir. Cette année, elle en a eu treize et au vue de ce season finale, elle a changé d'objectifs.
Walter domine la scène de l'épisode tandis que Jesse, dans ses rares apparitions, nous fait profiter d'excellents moments et je ne peux qu'applaudir une fois encore le jeu de Aaron Paul. Autant dire que depuis la mort de Jane, l'atmosphère est glaciale sous le soleil hivernal d'Albuquerque... Mais cela n'empêche pas les scénaristes de nous faire profiter d'un peu d'humour grinçant, aussi grinçant que le sommier à ressort sur lequel Jesse tente de réanimer la laissée pour morte Jane. Moins expressive mais toute aussi pesante, la réaction du père de Jane suscite elle aussi beaucoup d'émotions chez les téléspectateurs. Il paye le prix de ne pas avoir suffisamment bien connu sa fille et en entrant dans son intimité, il y découvre sa vulnérabilité (son addiction insatiable aux drogues) mais aussi, dans une moindre mesure, ses qualités artistiques ainsi que ses goûts, notamment vestimentaires. Contre toute attente, il ne remet pas en question ses goûts en termes d'hommes puisque Jesse et lui s'échangent de rares regards vides ; tous les deux ont perdu un être cher. Dans ces moments, le désespoir prend le dessus sur la colère. Ce fut une scène magistrale, tant au niveau de la qualité d'écriture qu'au niveau du jeu des acteurs qui, sans un mot, sont très émouvants.
Celui qui doit se sentir extrêmement mal à l'aise dans ces moments s'appelle Walter White. Le personnage devient encore plus malsain qu'il ne l'était dans la mesure où, même en ayant participé à la mort de Jane, il continue à jouer la comédie et enchaîner mensonge sur mensonge. À chaque fois, on se dit que le personnage a atteint le point de non-retour dans le mensonge mais la série dépasse les frontières et nous offre un personnage incroyablement riche et complexe. Il n'a certainement pas réfléchi aux conséquences de ses actes, comme il l'avait fait dans la première saison pour tuer Krazy-8. Ici, son argent reste sa priorité et sans même être allé épauler l'homme qu'il a déchiré, il envoie un associé de Saul Goodman pour nettoyer la scène de crime et garder l'argent en sécurité. Le nettoyeur qui reste, froid et méthodique y passe ni vu, ni connu, insensible au désespoir de Jesse. Mais je suis quand même dubitatif quant à l'honnêté de Saul Goodman, il est probable que Walter et Jesse ne revoient pas la moitié de leur pactole. En tout cas, Walter reconnait être allé trop loin avec son associé. Tout au long de la saison, il l'a poussé au bout, à franchir des étapes insupportables ; la mort de Jane fut le coup de grâce. En guise de compensation, Walter se limite à lui offrir une thalassothérapie pour soulager ses maux. C'est effectivement léger en comparaison au secret qu'il garde et gardera au fond de lui... jusqu'à quand ?
La gêne de Walter ne risque pas de disparaître de sitôt puisque les conséquences de son autre gros mensonge, celui qu'il cache à sa famille, se fait sentir. Et à chaque signal d'un nouveau don fictif sur le compte Paypal de son fils, c'est une nouvelle victoire pour le mensonge, si bien qu'il lui demande de couper le son. Voilà un autre bruit de sonnette, avec celui du tio de Tuco, dont Walter se passerait volontiers. Revers de la médaille, Walter doit maintenant apparaître devant la caméra pour arnaquer les téléspectateurs devant l'incroyable histoire avec laquelle il arnaque lui-même sa famille. Finalement, il se sent gêné de recevoir l'étiquette de héros qu'il recherchait pourtant l'épisode précédent. L'autre revers de cette médaille de héros est sa sortie de l'anonymat (même si sa nouvelle barbe risque de le rendre plus méconnaissable). Désormais, sa tête figurera sur les écrans et figure déjà au poste de la DEA (qui a d'ailleurs découvert l'énième mensonge de Walter, celui du faux Heisenberg) où Gus, le très discret supérieur de Walter, décide de faire une virée. Il y apprend que son sous-fifre en est étroitement lié, ce qui peut être aussi bien un avantage qu'un défaut ; mais aussi qu'il est condamné par un cancer des poumons.
Il faut cependant nuancer ce point ; Walter est beaucoup moins condamné qu'il ne l'était au début de la saison. En fait, je me demande même si les scénaristes n'ont pas décidé de faire guérir définitivement Walter de son cancer ; ce sera discréditer la série en ayant recours à une telle ficelle ! Toujours est-il que Walter se porte bien après l'opération, non sans quelques dommages du côté de la famille. En effet, sous l'effet de la morphine, Walter déterre le vieux dossier conjugal des multiples téléphones portables. La situation ne fera que se dégrader pour le couple et ce, même après plusieurs semaines. En effet, Skyler sait que Walter lui ment depuis le début sur les rentrées d'argent mais n'en sait toujours pas plus. Quoiqu'il en soit, elle prend ses distances avec lui, laissant Walter seul avec son obsession pendant quelques jours.
Cela nous amène à l'étrange fin de l'épisode. Ainsi, on n'en saura pas plus sur le flashforward qui nous nargue depuis le début de la saison ; seulement la façon dont l'ours en peluche est arrivé dans la piscine. ABQ désigne, selon la liste des codes des aéroports, l'aéroport d'Albuquerque pour lequel travaille justement le père de Jane, toujours anéanti par la mort de sa fille. Finalement, la théorie de l'effet papillon est ici appliquée dans la mesure où la seule mort de Jane a causé, très indirectement, celle de passagers et le crash entre deux avions, le père de Jane étant préoccupé par autre chose. Avouons-le, c'est plutôt gros. Ce n'est pas tant le fait qu'on ne sache pas plus sur le flashforward qui me déçoit, mais plutôt la façon dont il a été amené, c'est-à-dire via un concours de circonstances. Cette fin fera évidemment couler beaucoup d'encre et toutes les théories sont probables. Les détails sont très importants dans cette série. Pourquoi l'ours en peluche est-il le seul objet en couleur dans une scène en noir et blanc ? Serait-il sous l'influence de produits toxiques, expliquant ainsi la tenue des policiers et des membres de la NTSB (administration enquêtant sur les accidents d'avions, entre autres) ? Et si c'est le cas, pourquoi un ours en peluche aurait été sous cette influence toxique ? En d'autres termes, dans quelles circonstances un ours en peluche peut-il figurer aux côtés de produits toxiques ? Ou alors, que cacherait-il pour être toxique ? Et ces deux cadavres, alors ? Tant de questions auxquelles on peut tenter d'y répondre pendant la dizaine de mois qui nous sépare de la saison 3.
En bref, il est difficile de dire si l'on a aimé ou non un tel épisode. Il est mi figue, mi raisin ; bien que plus "raisin" que "figue". D'un côté, on savoure son panorama de sensations mais de l'autre, on déplore certaines ficelles et un sentiment d'inachevé. Résoudre un flashforward ou un fil rouge dans son intégralité pour le season finale est synonyme de prise de risques. On n'en voudra pas tellement aux scénaristes même s'ils tentent de noyer le poisson. Ce qui est sûr, c'est que la série n'a pas fini de nous surprendre.
Note : 14 / 20
27 mai 2009
Breaking Bad 2x12 : Phoenix

En vue du season finale, Walter s'approche de plus en plus de l'objectif qu'il s'est fixé au season 2 premiere. Si les bonnes nouvelles s'accumulent, les personnages deviendraient presque malsains.
Walter est définitivement un personnage complexe dont les intentions et les priorités restent très floues. L'épisode précédent nous avait laissé sur un cliffhanger intéressant sur le choix de Walter entre assister à la naissance de sa fille et conclure l'affaire du siècle. Mais, finalement, les deux objectifs se rejoignent puisque Walter se démène pour sa famille et pour subvenir à leurs besoins. C'est du moins, l'aspect qui était mis en avant jusqu'à cet épisode car il tient à ce que sa petite famille soit reconnaissante de tous ses efforts et ainsi, mourir en héros. La scène où il emmène sa fille, récemment née, dans le garage pour lui montrer les fruits de ses efforts, est à la fois touchante et déstabilisante. C'est avant tout de l'argent sale et ironie du sort, il est dissimulé derrière un revêtement mural, au-dessus d'un lave-linge/sèche-linge. Dans l'épisode pilote, Walter avait même rempli le tambour de billets verts. Quoiqu'il en soit, avec 480 000 dollars, Walter atteint prochainement les 737 000 dollars qui doivent figurer sur son imminent testament, même si ses opérations médicales onéreuses risquent de ralentir la progression. Là encore, Walter est piégé dans son propre mensonge et sa libération est encore très lointaine. Certes, il souhaite que ses efforts soient reconnus par sa famille, après sa mort mais en aucun cas, il n'irait jusqu'à raconter toute l'histoire. De fait, il ne peut qu'approuver la décision de Walter Jr de faire appel à la charité, ce qui est très malsain quand on sait que Walter a "tellement d'argent qu'il le compte en le pesant avec un pèse-personne". Pour persévérer, Walter doit mettre de côté ses valeurs morales et accepter de soutirer de l'argent à moins riche que lui.
Mais la naissance de la fille de Walter n'est pas la seule à laquelle on ait assistée puisqu'une relation filiale se dessine de mieux en mieux. Fruit de 4 jours de travail en duo, l'argent doit être partagé entre Walter, Jesse et dans une moindre mesure, Saul. Force est de constater que l'alliance entre Walter et Jesse n'est plus seulement alimentée par l'argent ; Walter ayant très bien pu donner à Jesse son dû sans aucune condition. Mais le professeur de chimie en décide autrement car il tient à ce que son élève fasse bon usage de l'argent qu'il a reçu, sans le gaspiller dans la drogue et surtout, il l'avertit des crocs de Jane qui reste très manipulatrice et possessive. Parallèlement, ce n'est pas tant l'absence de l'argent qui affaiblit Jesse mais le manque de reconnaissance de la part de Walter pour son travail. Walter doute de son partenaire, si bien qu'il lui demande d'uriner dans un bocal pour savoir s'il se drogue encore. C'est là où se situe le nouveau problème de Jesse, sa récente addiction à l'héroïne, alors qu'il se contentait autrefois de simple joints. C'est finalement la fille qu'il a entraînée vers la rechute qui lui conseille d'en consommer et ce, malgré l'aide que lui apporte son père. Pourtant, le pactole qu'elle a emporté ne l'aidera pas à sortir de cette descente aux enfers... bien au contraire puisqu'avec plus d'argent, on peut se droguer davantage. Elle en paiera le prix puisqu'elle meurt, étouffée dans son propre vomi. Je suis du genre à penser qu'il n'y a pas de belle mort, comme pourrait penser Walter en anticipant les besoins de sa famille, une mort restant une mort. En revanche, il y a des morts tragiques que d'autres et Jane en fait partie. Forcément, un tel événement arrange la situation de Walter, victime du chantage, mais ça n'arrangera pas du tout sa conscience. En définitive, Jane est morte par la faute de Jesse et de Walter ; Jesse, pour l'avoir entraînée dans sa chute d'une part et d'autre part, Walter pour l'avoir laissée mourir et certainement aussi, avoir facilité sa mort puisqu'en secouant Jesse, il a laissé Jane allongée sur le dos alors qu'elle le déconseillerait formellement à n'importe quel héroïnomane. Les larmes de Walter ne suffiront pas pour apaiser sa conscience. L'homme n'a désormais plus de valeurs morales.
En bref, un très bon épisode qui exploite avec brio, une fois de plus, la psychologie riche des personnages qui ne cessent de nous surprendre. Le prochain épisode sera déjà le dernier de la saison, l'enjeu est de taille car il devra donner des réponses à tout et surtout aux flashforward qui nous narguent l'esprit depuis le début.
Note : 16 / 20
23 mai 2009
Breaking Bad 2x11 : Mandala

À quoi bon faire une introduction si c'est pour toujours de répéter ? À deux épisodes de la fin de la saison, Breaking Bad n'a toujours pas fait son premier faux pas.
Sans jamais faire dans la violence et le trash gratuits, Breaking Bad reste pour le moins une série très politiquement incorrect. Comme à l'accoutumée, l'introduction est très soignée et pour le moins surprenante puisque Combo, l'un des dealers de Walter, est assassiné par un enfant armé. Et étant donné la réaction du gamin qui a tiré le coup, il a du être préalablement menacé par les deux autres dealers qui scrutent la scène depuis leur voiture. Forcément, venant d'un enfant, on ne voit pas ce genre de situation arriver. Quoiqu'il en soit, cet événement sera l'élément déclencheur de l'épisode. Il aurait pu dissuader Walter à conquérir de nouveaux territoires mais au lieu de ça, il demande de l'aide à Saul pour lui présenter un éventuel futur collaborateur qui se présente comme l'anti-Tuco, c'est-à-dire comme un homme irréprochable, qui n'a pas à arrondir ses fins de mois et surtout, très discret et très prudent. C'est ce dernier aspect qui est mis en avant et on voit que Walter a encore à apprendre s'il veut marcher dans son sillage. Et si Tuco était un fou dangereux mais également un idiot influençable, Gustavo "Gus" préfère jouer sur les nerfs de Walter et tester son efficacité et sa rapidité.
Gageons par ailleurs que Jesse mettra, involontairement, des bâtons dans les roues de Walter. Alors que le professeur de chimie doit livrer les 19 kilos de méthamphétamines, lui, préfère en consommer et sans doute, puiser dans ses propres ressources en se disant qu'on ne verra pas la différence. C'est sans compter sur la minutie du nouveau collaborateur. Toujours est-il que les difficultés se multiplient, du moins pour Walter, qui voit peu à peu sa folle ambition de subvenir aux besoins de sa famille pour les vingt prochaines années se corser. En aura t-il le temps ? Apparemment. Sa tumeur est devenue opérable mais, comme toute tumeur, elle peut revenir. En attendant, le prix d'une lobectomie est pharamineux, ce qui prouve une fois de plus que la France est un pays très avantagé en termes de santé. Cette opération coûteuse risque d'amputer une partie de l'argent de Walter avant même qu'il ne l'obtienne.
Ce qui risque également de partir en fumée, c'est la méthamphétamine donc. Sauf que Jesse n'est pas le seul à s'adonner à cette pratique, il emmène sa copine aux enfers bien qu'elle s'était promise à arrêter. En une fraction de secondes, tous les efforts qu'elle a faits sont désormais anéantis.
Comme à l'accoutumée, Skyler est en marge du reste des personnages, les scènes avec Walter se font en fait rares. Pourtant, son patron à l'épaule duquel elle pleurait n'est pas en mesure de la consoler puisqu'il est confronté à de graves problèmes financiers de l'entreprise. En soi, ce n'est pas très intéressant mais il arrive tout de même à convaincre Skyler, par ses yeux de biche, de rester et de l'accompagner dans sa chute. D'ailleurs, profitant de l'absence de Walter, il risque de de marquer des points en l'accompagnant d'abord à l'hôpital, Skyler étant sur le point d'accoucher. Walter se livre à un véritable marathon dans les formidables cinq dernières minutes de l'épisode, où il se rend de force chez Jesse pour récupérer les 19 kilos de méthamphétamines, l'heure tournant dangereusement et rapidement. Reste à savoir quelle sera la priorité de Walter : sa famille ou ses méthamphétamines.
En bref, à quoi bon faire une conclusion si c'est pour toujours se répéter ? Breaking Bad offre une fois encore un grand moment de télévision et promet, à travers cet épisode, une excellente fin de saison.
Note : 15.5 / 20
14 mai 2009
Breaking Bad 2x10 : Over

Aussi étonnant soit-il, cet épisode est la parfaite illustration du nom de la série car la chute aux enfers continue inlassablement de toucher ses protagonistes. Le point de non-retour n'est plus très loin.
Il faut tout de même nuancer ces propos avec l'intrigue de Jesse qui s'éloigne du pauvre mec paumé et drogué de la première saison. Désormais, il a une maison et une relation dont la sincérité est cependant mise en question. À vrai dire, ce sera le seul thème sur lequel l'épisode se concentre et de fait, c'est la partie la moins satisfaisante. Pour l'instant, cette relation n'est que sexuelle, au grand dam de Jesse. Mais au final, les deux sont quittes, Jesse ayant déçu Jane en s'étant absenté mystérieusement pendant quatre jours et Jane ayant déçu Jesse en refusant de se compromettre dans une relation plus sérieuse. Au-delà des conventions, c'est Jane "Apology Girl" qui fait le premier pas dans la réconciliation mais les menaces ne sont pas écartées pour autant, surtout celle du père de Jane.
Une autre relation intrigante se dessine entre Walter et Jesse, elle s'apparente de plus en plus à une relation père-fils depuis que les deux personnages se sont retrouvés coincés au même endroit dans l'épisode précédent. Jamais on n'aurait imaginé Jesse s'inquiéter autant de l'absence de nouvelles de son précepteur, autant qu'on n'aurait jamais imaginé Jesse se réjouir autant de la rémission de Walter. Ce dernier l'entend moins de cette oreille et préfère, encore et toujours malgré les événements, y voir une relation purement professionnelle. Selon lui, la fin de leur pacte approche mais la vérité en est certainement loin.
Si Jesse se réjouit de la rémission de Walter, il n'en est pas autant pour le concerné qui considérait son cancer comme une façon de se vider l'esprit et d'avoir la conscience tranquille. En définitive, c'était l'imminence de sa mort qui lui donnait une raison de vivre. Ce peut paraître paradoxal mais Walter étant "condamné" à vivre, il devra faire face aux conséquences de ses actions et en particulier, la fabrication de ses méthamphétamines. Il a tout le temps d'y réfléchir puisque le faux Heisenberg s'étant fait lui-même prisonnier, la DEA ne le poursuit plus. Par ailleurs, il peine à vendre sa production et c'est en ne faisant rien qu'on s'attire le moins d'ennuis, cela va de soi. Mais Walter n'y voit pas une occasion pour se rapprocher de sa famille... Au contraire, il s'en éloigne, comme en témoigne son pétage de plombs à la fête organisée par Skyler où il force son fils à boire de la téquila jusqu'à ce qu'il la vomisse. On a beaucoup du mal à reconnaitre Walter car pour l'instant, sa froideur s'est limitée au contexte professionnel ; elle se propage maintenant à sa famille et il en paiera bientôt le prix. Même Hank qui, auparavant, riait en voyant son beau-frère si coincé, commence à s'inquiéter et il échappe de peu à sa colère que l'on sait très préjudiciable. Le masque de Walter commence doucement à tomber et il préfère ainsi se changer les idées en faisant du bricolage chez lui, quitte à s'éloigner encore plus de sa famille qu'il ne l'est déjà.
D'ailleurs, il est intéressant de constater le parallèle entre les périodes de bricolage de Walter, d'un côté, et les périodes pré-adultérines de Skyler d'un autre. Par exemple, pour passer de l'intrigue de Walter à celle de Skyler, la caméra se concentre sur les gouttes d'eau polluée de la chaudière défaillante sur laquelle Walter travaille vers les gouttes de thé de Skyler. La liaison est ensuite sonore, entre le bruit désagréable d'un outil de Walter et la machine d'entretien d'un employé de l'entreprise de Skyler. Je vais peut-être me ridiculiser en voyant des figures de style et des images là où il n'y a pas (ou alors, mal interprétées) mais : Walter a beau essayer de se racheter en faisant ce qu'il semble nécessaire, sa voix n'est pas entendue (camouflée par les bruits des outils) et Skyler voit en son patron une épaule sur laquelle pleurer, même si l'individu est en train de pourrir petit à petit la famille White, comme la moisissure qui s'attaque petit à petit au bois. Skyler se sait dans l'infidélité (si l'on peut la qualifier ainsi...) et cela ne la dérange guère : le moment où elle retire sa main de celle de son patron lui permet uniquement d'attrapper un mouchoir avant de recommencer de plus belle.
Il n'est pas non plus exclu qu'il profite du changement de la chaudière et du revêtement de sol pour cacher ses nombreux paquets de méthamphétamines peu discrets dans le sous-sol. Après tout, Walter voulait une chaudière sans réservoir proéminent qui lui aurait empêché l'accès au sous-sol. Par ailleurs, il tenait à l'installer seul. Cette histoire de bricolage, aussi insignifiante puisse-t-elle paraitre, est peut-être la cause de l'explosion qui aura vraisemblablement lieu à la fin de la saison : la méthamphétamine, si elle est cachée au sous-sol, surtout en si grande quantité, pourrait provoquer un tel événement. Le flashforward se précise en effet et même s'il est peu judicieux de terminer une critique d'un épisode sur l'introduction de celui-ci, il mérite quand même l'attention. Ce qui frappe à l'œil, cette fois-ci, ce sont les deux cadavres supposés. S'il est peu probable que le duo Walter-Jesse passe l'arme à gauche, c'est différent pour les autres. Je n'ai vraiment aucune idée de qui il pourrait s'agir. En revanche, j'espère qu'il ne s'agira pas d'un pétard mouillé (même si j'en doute, en ma qualité de grand fan de Breaking Bad).
En bref, même s'il y a beaucoup à dire de l'épisode a posteriori, il n'en est pas pour autant le meilleur de la saison. On passe un très bon moment, c'est certain mais l'épisode est handicapé par une certaine lenteur.
Note : 14 / 20
09 mai 2009
Breaking Bad 2x09 : 4 Days Out

Quatre jours de préparation de méthamphétamines sous le soleil de plomb du Nouveau-Mexique, avec un Walter en djellaba de fortune, voilà ce qui nous attendait à travers ce formidable épisode.
La série tape très fort après deux épisodes, très corrects, mais en-deçà de mes espérances. Pour ce faire, on entre dans le vif du sujet, et plus particulièrement dans celui de Walter, à savoir la chimie, avec la préparation de méthamphétamines ; ainsi que la physique et la mécanique avec les conséquences désastreuses des actes irréfléchis de Jesse. Le duo Jesse-Walter est certainement l'un des meilleurs de la télévision, toutes séries confondues d'autant plus que les deux ne se rencontrent que dans les situations les plus extrêmes. Une éternelle fois, Walter s'enfonce dans le mensonge et feint à Skyler de rendre visite à sa mère mais cela risque probablement de lui porter préjudice, comme ce fut le cas pour Gretchen. Parallèlement, il manipule en beauté Jesse, usant de son inculture, pour lui faire croire que la méthylamine se dégrade. Il faut dire que Walter n'a plus rien à perdre et c'est à travers une introduction poignante et cruelle qu'il voit le scanner inquiétant de ses propres poumons, toujours avec ce silence pesant, avant l'arrivée soudaine du générique. D'ailleurs, il faut insister, une fois encore, sur la qualité exceptionnelle de la réalisation et de la photographie ; on ne nous omet aucun détail du processus de fabrication de la méthamphétamine, présentée comme une recette de cuisine, une cuisine d'un van (devenu le symbole de la série) digne de faire plier tous les restaurants chics avec ses sachets pesant plus d'un demi-million de dollars chacun. Jamais les deux hommes n'ont tant produit mais le plus difficile reste à venir, c'est-à-dire les vendre en s'assurant de voir la couleur verte des billets.
Pour l'instant, ils n'en sont pas encore là et Walter doit subir les inombrables erreurs d'un Jesse extrêmement maladroit, à commencer par sa stupidité de laisser les clés en contact (mais vous me direz, devant mon incultre en mécanique automobile de base, je n'aurais pas mieux fait). Telle une spirale infernale, les événements malheureux s'enchaînent les uns après les autres, avec chaque fois, des chances de s'en sortir qui s'amoindrissent. À cela s'ajoute le climat très malsain du désert du sud des Etats-Unis, avec des journées étouffantes et des nuits glaciales. Mais ce sont de tels moments qui rapprochent les deux hommes, pourtant très différnets pour ne pas dire opposés. Tandis que Jesse a le corps sans l'esprit, c'est l'inverse pour Walter qui voit son organisme l'abandonner petit à petit, comme l'illustre une autre scène, très dure, où il tousse du sang... En tout cas, si Walter n'est plus ce bon mari et père de famille irréprochable, il reste professeur au fond de lui et il fait donc la leçon à Jesse qui, dans ces situations, n'a pas d'autres droits que d'éveiller sa curiosité, ce qui réussit moyennement bien car Jesse reste quand même inculte. Tout le poids repose sur Walter qui finit par trouver un moyen de produire de l'électricité et ainsi, recharger le véhicule. Chose faite, les deux retournent à l'aéroport Alburqueque et c'est certainement cette scène qui illustre au mieux le rappochement entre Jesse et Walter puisque le jeune homme commence à comprendre les enjeux de son ancien professeur, le personnage a gagné beaucoup en humanité.
Les bonnes nouvelles sont rares dans Breaking Bad et quand elles sont là, ce sont plutôt des semi-bonnes nouvelles, à l'image de la rémission du cancer de Walter. Heureusement, on ne parle pas encore de guérison et ce serait perdre le concept de la série de se diriger vers une telle situation. Néanmoins, les choses ne sont pas aussi bonnes qu'elles puissent paraitre puisque Walter est confronté à d'autres problèmes de santé, à prendre également au sérieux. En outre, si la nouvelle semble réjouir tout la famille, Walter a d'autres préoccupations et n'arrive même plus à supporter son propre reflet, c'est assez terrible ce qu'il fait subir à sa famille, il faut l'avouer. Quoiqu'il en soit, cette nouvelle dégage une autre bonne nouvelle, celle de la confiance de l'équipe de production pour la série qui a été confirmée pour une troisième saison après seulement 4 épisodes.
En bref, un excellent épisode qui approfondit de manière très intelligente la relation entre Walter et Jesse, sur lesquels est concentré la totalité de cet épisode. La suite !
Note : 18 / 20
30 avril 2009
Breaking Bad 2x08 : Better Call Saul

Les activités de Walter et Jesse ont un prix, autre que celui de vente. La tension monte et ils ont de plus en plus souvent confrontés aux autorités. La partie commence.
L'épisode est en très grande partie focalisé sur le duo entre Walter et Jesse, ce qui est un excellent atout. Skyler a beau offrir occasionnellement des moments très intéressants, il n'empêche qu'elle rend Walter plus fade qu'avec Jesse. On verra très peu la dame dans cet épisode et son absence ne pèse pas sur la série, loin de là. En revanche, la présence de la propriétaire pèse sur la vie de Jesse qui, en plus des responsabilités qu'il s'est autoconfiées, doit entretenir une relation soudaine. Pour l'instant, elle n'est que sexuelle mais qui sait ? À chaud, l'idée me séduit peu mais j'ai toute confiance en la série. Mais même ceux qui n'ont rien à se reprocher subissent un poids sur leur conscience, à l'image de Hank, de nouveau confronté à un traumatisme. Je me demande même s'il ne finira pas par avoir un infarctus dans l'une de ses pauses secrètes dans l'ascenseur. Hank est l'un de ces hommes qui ne montreraient sous aucun prétexte leurs faiblesses : l'image qu'il a donnée à son ancien poste doit rester la même à son retour.
En effet, Hank est de retour à son ancien poste, où il se sent bien plus à l'aise, pouvant de nouveau faire profiter ses collègues de ses blagues salaces et morbides. Et avec Hank, on ne chôme pas, loin de là : l'affaire Heisenberg, au centre de toutes les préoccupations au poste, est son objectif principal. L'histoire commence par l'arrestation de Badger et tout l'épisode se concentrera sur la défense et sa représentation en justice. Breaking Bad fait alors preuve de légéreté et d'humour quand arrive la présentation de son futur avocat, Saul Goodman, un avocat corrompu jusqu'au cou... mais qui sort ses clients d'affaire même quand ils sont dans la merde jusqu'au cou. La situation est forcément très bénéfique pour Jesse et Walter, ce dernier préférant rester dans sa tour d'ivoire cependant. La scène où l'avocat est pris en otage, avec une arme pointée sur lui, témoigne en outre d'une certaine confiance acquise par le duo. Mais Walter sera trahi par sa maladie et en particulier, sa toux assez atypique. La chance leur sourit néanmoins car Saul tient ses promesses et c'est avec une relative facilité que le duo est sorti d'affaire, même si cette facilité n'est pas vraiment répréhensible pour la série et à cautionner. Effectivement, il fait appel à un ex-détenu qui se plait bien mieux en prison et malgré une frayeur au moment de l'échange entre Badget le prétendu Heisenberg (résolue judicieusement par Walter), tout rentre dans l'ordre. De toute évidence, c'est avec ce type de séries, à l'instar de Weeds, que les scénaristes se mettent une balle dans le pied : en centrant l'action sur une activité illégale, ils doivent aussi faire intervenir les autorités qui finissent très souvent par être dupées. Jesse et surtout Walter s'en sortent donc très bien : Désormais, le prétendu Heisenberg est emprisonné et le duo peut continuer son petit bonhomme de chemin, à notre grand plaisir... Temporairement ? Le retour de Saul dans la classe de Walter prévoit encore bien d'autres ennuis.
En bref, DEA : 0. Walter-Jesse : 1. Encore combien de temps avant que la tendance soit inversée ? Il s'agit là d'un épisode très plaisant, de bonne facture pour Breaking Bad même si la série nous a habitué à bien mieux ; il manque un petit quelque chose pour que cet épisode excelle.
Note : 14 / 20
26 avril 2009
Breaking Bad 2x07 : Negro Y Azul

Avec Breaking Bad, tous les sentiments me sont parvenus. En revanche, jusqu'à cet épisode, je ne m'étais jamais ennuyé et je me serais bien passé de ce dernier sentiment après le formidable épisode de la semaine dernière.
Mais là encore, c'est loin d'être mauvais, le sentiment d'ennui vient du fait que cet épisode a l'inconvénient de suivre l'un des meilleurs de la série, les attentes ne sont pas les mêmes par conséquent. Quoiqu'il en soit, l'introduction de l'épisode est parfaite, quoiqu'un peu trop longue : avec un certain humour noir, la série met en scène un clip relatant les nouvelles péripéties qui attendent Walter et Jesse, dans un nouveau territoire. Les paroles de la chanson insistent bien sur le fait que personne n'a vu le visage de ce fameux Heisenberg et il est donc probable que le type au chapeau étendu à terre, comme laissé pour mort, ne soit pas Walter mais peut-être une ruse de ce dernier qui a maquillé sa mort pour mieux conquérir le territoire. Mais on n'en est pas encore là, on est dans la période où Jesse tente de se remettre de cette scène où la junkie écrase la tête de son mari avec un distributeur... et il n'est pas le seul ! Walter, lui, voit les choses bien autrement comme à l'accoutumée puisqu'il y voit une opportunité de renommée, avec Jesse le tueur, dit aussi Jesse le poisson-ballon selon l'expression hilarante de Walter qui tente de rebooster son équipier (Jesse, look at me. You... are a blowfish !). Le duo s'enfonce encore dans le mensonge pour s'en sortir et cela leur sera tôt ou tard préjudiciable. Jesse se construit non seulement une renommée mais aussi une nouvelle relation puisque, parallèlement, la propriétaire des lieux se rapproche de lui, sans doute fascinée par les badboys de son genre. Le nouveau couple se fait alors une après-midi devant une télévision qui peine à démarrer.
L'ennui vient en particulier de la partie de Skyler que l'on pourrait, à mon sens, diminuer de moitié. Breaking Bad est une série qui prend son temps mais l'a toujours t-elle fait à bon escient ? La plupart du temps, oui mais ce n'est pas le cas de la recherche d'emploi de Skyler. C'est aussi inhabituel de voir une femme enceinte fumer que postuler dans une entreprise mais Skyler fait preuve d'originalité. Elle ne connaîtra pas la même barrière que les autres femmes dans son cas puisqu'elle est rattrapé par son passé, un ancien collègue à lui ayant été promu au poste de PDG entre-temps et l'embauchant pour ses qualités professionnelles. Ce sera une bouffée d'air frais pour Skyler et une façon d'oublier que son mari est de plus en plus étrange... et de plus en plus malade puisqu'il tousse bien plus que d'habitude. Est-il tellement occupé par ses activités illégales qu'il en oublierait de prendre son lourd traitement ?
Un personnage fait bonne figure dans cet épisode, même si son intrigue peine à démarrer et que l'on pourrait, à mon sens, élargir au niveau du temps. Ce personnage s'appelle Hank, récemment promu à la frontière américano-mexicaine pour y contrôler les flux de drogues. Mais la chance ne lui sourit plus et, comme pour Jesse Pinkman, on suit son flux de conscience et son malaise, il est en quelque sorte l'incompris de son lieu de travail, avec ses blagues racistes. Seul à ne pas être hispanophone, il se confronte violemment avec Tortuga ("Tortue" en espagnol) là où ses coéquipiers se plient devant lui. Mais ce nouveau poste n'a pas montré à quel point il pouvait être éprouvant. Hank en a fini avec les petits dealers du coin de rue et doit maintenant supporter les provocations des plus grandes, prêts à empaler une tête de l'indic sur une tortue sur laquelle figure un ironique "Hola DEA". Toutefois, il ne s'agit d'une simple petite provocation puisque la tortue n'est ni plus ni moins une mine qui tua et amputa ceux qui s'amusaient avec. Cette scène est vraiment imprévisible et je me suis même surpris à faire un bond au moment de l'explosion. Hank, complètement affolé, doit maintenant gérer cette situation ; il devient un personnage très intéressant ! Dommage que sa partie reste négligeable, au niveau du temps.
En bref, l'introduction prévoyait quelque chose de bien plus prometteur mais ce sera sans doute pour la suite. En attendant, il y a peu à retenir de cet épisode de transition, parfois ennuyeux mais qui reste d'assez bonne facture.
Note : 13 / 20
14 avril 2009
Breaking Bad 2x06 : Peekaboo

Impressionnant. Ce n'est pas le meilleur épisode de Breaking Bad mais la série ne faiblit toujours pas ; elle offre ici un épisode de mi-saison très jouissif.
Autant garder le meilleur pour le fin, je commencerais de fait par Walter. C'est encore loin d'être décevant le concernant mais c'est surtout le fait que l'on patauge qui me dérange ; il semble avoir donné la priorité à sa famille et il en paie les frais car sans l'alchimie de son duo avec Pinkman, c'est déjà moins plaisant. Il veut avant tout faire bonne figure avant son retour à ses activités illégales et pour ce faire, il reprend le travail, ce qui est compréhensible tellement Skyler peut être oppressante pour lui. Avec une grande habileté, les secrets de Walter sont menacés avec le retour de Gretchen, son (ex-petite) amie richissime qui a proposé de financer le traitement. Gretchen se prête au jeu de Walter mais ce dernier reste extrêmement froid ; le dîner entre les deux ex-amants est de fait glacial. Il est vrai que Walter a changé depuis l'épisode pilote, il est beaucoup moins honnête et beaucoup plus virulent mais cette évolution est très intéressante. En tout cas, il est victime de son propre piège puisque Gretchen annonce à Skyler qu'elle ne finance plus la chimiothrépie de Walter qui va devoir trouver une explication pour ses rentrées d'argent suspectes. Il ne fait que s'enfoncer dans ses mensonges, ça en devient malsain, notamment quand il prétend que Gretchen et son mari sont trop fiers pour faire part de leurs (faux) problèmes financiers. La situation devient extrêmement compliquée, d'autant plus que désormais, un élève de son lycée le nargue après l'avoir (apparemment) vu en slip, préparer ses méthamphétamines dans ses premières heures. Voilà qui promet !
Aaron Paul est un acteur formidable, il a su parfaitement mener son intrigue. Il rend visite aux deux junkies qui ont volé l'un des siens l'épisode précédent et il compte récupérer son dû. Mais préalablement, une relation se créé entre lui et l'enfant qui lui suscite beaucoup de pitié. Jesse est très touchant durant ces scènes et effectivement, il est le seul à se préoccuper que ledit enfant soit sale et mal nourri ; les parents ne vivent que pour leur drogue. Un huit clos très intense se prépare mais Jesse tirera profit des conflits conjugaux qui opposent les deux junkies. Avouons-le, c'est un échappatoire assez facile pour Jesse mais on passe un excellent moment dans cette atmosphère lugubre et poussiéreuse. Une fois le rapport de force inversé, ça en devient même gore et rien de mieux pour illustrer ce fait que le moment où la femme laisse tomber le distributeur de la banque (volé non sans victimes) sur la tête de son mari qui ne cessait de l'insulter. Cette scène est horrible, j'ai même échappé un son de dégoût et de surprise. La conclusion de l'épisode est également excellente, avec un Jesse très touchant qui cache les yeux du gamin de l'effroyable spectacle qui s'est produit dans le salon avant de lui conseiller de profiter du reste de sa vie. Poignante cette conclusion ! Maintenant, fort à parier que Jesse risque de retrouver à nouveau dans la merde, la police enquêtera certainement sur la disparition des billets du coffre.
En bref, un formidable épisode qui vaut par l'excellente intrigue de Jesse Pinkman menée par un Aaron Paul toujours aussi remarquable ; il aurait du gagner un Emmy Award, lui aussi ! Je jubile, je jubile mais la raison se résume à deux mots : Breaking Bad.
Note : 17 / 20
08 avril 2009
Breaking Bad 2x05 : Breakage

J'ai toujours du mal à rédiger une introduction d'une critique de Breaking Bad car ce sont toujours les mêmes arguments qui reviennent, à savoir que cette série est excellente... même si cet épisode est en-dessous des autres...
Quoiqu'en dise, il fait bon de vivre en France, avec notre bonne vieille Sécu. La série nous l'a toujours fait comprendre car quand on voit qu'une facture pour trois jours de séance de chimiothérapie coûtent la modique somme de 13 000 dollars sans assurance, ça donne peu envie de s'installer aux États-Unis. Et pourtant, Walter doit confronter, seul, ses problèmes financiers et ce, sans le soutien de sa femme Skyler qui s'éloigne pour des pauses clopes même en étant enceinte. Cependant, rien ne nous permet de dire qu'elle s'arrêtera effectivement à 3 cigarettes et demi, c'est extrêmement difficile de s'arrêter, d'autant plus que la famille White est sur les nerfs en ce moment. L'ambiance à la maison est glaciale et chacun mène sa vie comme bon lui semble, entre ledit tabagisme de Skyler, les petites activités secrètes de Walter et les sorties inconnues de Walter Jr. La série illustre ce malaise général, touchant aussi bien le porte-feuille que le moral, avec brio ; que ce soit à travers la longue impression de la facture ou bien la solitude de Walter à travers les scènes de la séance de chimio passées en accéléré ou l'entretien individuel de Walter chez son médecin. Surtout, le pire est que les problèmes ne s'arrangent pas et subissent un "effet boule de neige" : Par exemple, une grosse partie de l'argent de Walter est dépensé pour la chimiothérapie et plus s'écoule le temps, plus les frais médicaux sont importants. Il reste à peine pour subvenir aux futurs besoins de la famille. La série est rongée par un important pessimisme, c'est sans doute ce qui en fait sa force.
Les problèmes conjugaux touchent également Schrader même si c'est beaucoup moins intéressant. Ainsi, j'ignore où la kleptomanie de Marie pourrait nous mener. En fait, la concernant, il n'y a qu'une seule scène à retenir, celle où elle s'excuse auprès de sa soeur Skyler... Il n'est pas trop tôt ! L'affaire du diadème volé a quand même durée une demi-douzaine d'épisodes même s'il faut noter que l'action de Brekaing Bad se déroule dans un laps de temps particulièrement court, la santé de Walter y oblige. D'ailleurs, depuis le début de la série, Skyler est enceinte et à moins d'une naissance prématurée, elle risque de l'être encore longtemps : Si deux mois paraissent courts dans une série quelconque, c'est une éternité pour Breaking Bad.
L'épisode met en avant un aspect intéressant de Hank : S'il fait bonne figure au bureau où il reigne en héros accumulant les promotions, la mort de Tuco le hante encore et éternellement. On n'aurait jamais cru le personnage capable d'une telle prise de conscience quand on entend ses réflexions très morbides. Et pourtant, il finit par jeter son trophée de chasseur à l'eau... Cela devient intéressant...
Finalement, Jesse est le seul à remonter la pente même s'il ne pouvait pas tomber plus bas après avoir accumulé les malheurs précédemment. Alors qu'il peinait à se payer, ne serait-ce une chambre d'hôtel dans l'épisode précédent, le voilà en train de rembourser le gérant de la fourrière, s'acheter une voiture (aussi modeste soit-elle) et le loyer d'un pavillon très charmant. Mais Jesse est avant tout sous le charme de la fille du propriétaire. Préciser qu'elle habite juste à côté témoigne, de manière un peu trop ostentatoire, d'une envie des scénaristes de lancer Jesse dans une nouvelle relation... Espérons que la série saura en tirer profit et que cette future potentielle petite amie ne fasse pas seulement partie du décor. En guise de crémaillère, il appelle ses potes et leur confie la vente. Mais gageons que l'envie de Jesse d'être calife à la place du calife est peut-être trop ambitieuse et d'ailleurs, les ennuis commencent, avec le vol de deux junkies. Ce n'est là qu'un avant-goût des éventuels problèmes futurs...
En bref, un épisode transitoire qui remet les compteurs à zéro, sans en oublier les acquis précédents. Si l'épisode est en-dessous des quatre autres, il reste agréable à suivre.
Note : 13.5 / 20
02 avril 2009
Breaking Bad 2x04 : Down

La série a le vent en poupe en ce moment, les audiences sont de plus en plus satisfaisantes et les récompenses s'accumulent. Et la série le mérite amplement, ce nouvel épisode le prouve...
Avant tout chose, l'introduction revient sur la première et intrigante scène de la saison, avec ce fameux ours en peluche dans la piscine, repêché par un membre de la police. Elle se termine habilement par un plan sur les lunettes de Walter. La série a bien réussi à susciter notre curiosité à travers de telles scènes.
Mais s'il fallait retenir quelque chose en particulier de cet épisode, ce serait l'interprétation d'Aaron Paul qui a été magistrale, du début à la fin, même si on ne peut pas dire que le personnage de Jesse Pinkman ait été gâté. C'est tout l'inverse en fait, il est en pleine chute aux enfers, précipitée par sa propre famille qui l'exclut de ce qui semblait être son chez soi. Tous les malheureux événements se succèdent et Aaron Paul, une fois de plus, joue à perfection les crises de nerfs. Il faut dire qu'à côté, il n'a pas joué beaucoup d'autres émotions, Jesse reste un personnage extrêmement stressé. Quoiqu'il en soit, on reste bouche bée devant chacune de ses crises. Il essaye tant bien que mal à s'en sortir mais se fait rejeter par tous. Pire, il finit bleuté par je ne sais quel produit. On rit, malgré nous, de cette situation tandis que Jesse, lui, verse des larmes. Finalement, il rejette toute la tension qu'il a accumulée sur la seule personne sur qui il peut compter, à savoir Walter qui a lâché le reporche de trop. Une scène extrêmement intense avant l'alcamie... Du grand art !
Si l'épisode précédent s'est avant tout concentré sur l'avancée de l'enquête de la DEA, celui-ci fait état de la situation familiale de Walter qui s'enlise vers la crise. Aussi bien en restant froid et distant qu'en voulant chaleureusement se racheter, Walter ne convainc pas sa petite famille qui garde ses distances, en particulier Skyler. À l'image de Jesse qui pète peu à peu les plombs, Walter et Skyler finissent par se dire leurs quatre vérités à la fin de l'épisode. J'aime beaucoup cette dualité, que l'on a déjà retrouvée dans l'épisode précédent même si j'espère sincèrement que la situation va s'arranger pour que Walter se remette au travail. En attendant, c'est l'occasion pour lui de se rapprocher de son fils, Walter Junior, alias Flynn mais il y a encore beaucoup de boulot. Walter échoue à son rôle de père ces derniers moments et son fils compense cette absence grâce à l'aide de son ami qui l'apprend à conduire. Mais on ne peut pas blâmer Walter qui reste un personnage très attachant. Cependant, peut-on en dire autant de Skyler ? Elle fait l'énorme erreur de se remettre à fumer en étant enceinte. Les personnages ne peuvent pas tomber plus bas.
En bref, cet épisode met en scène le flux de conscience des personnages qui perdent peu à peu le nord et qui, au contraire, continuent leur descente aux enfers. Difficile de trouver un once d'optimisme dans cet épisode, c'est du Breaking Bad tout craché : Sombre, cynique mais aussi interprétée à merveille, avec un scénario en béton.
Note : 16.5 / 20