Serial Reviews

Critiques de séries telles que Dexter, Desperate Housewives, Heroes, Nip/Tuck, Prison Break, Six Feet Under, Skins, Weeds, etc.

20 octobre 2009

True Blood 1x12 : You'll Be the Death of Me

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Et c'est la goutte de sang qui fait déborder le vase pour True Blood. L'hemmoragie est assez sérieuse : en un épisode, la série se vide et devient moins crédible. Encore loin d'être vraiment mauvais, cet épisode est incontestablement décevant.

Plus que savoir quel est le tueur en série qui rôde dans Bon Temps depuis le début, une question m'occupait l'esprit : Sookie me fait penser à un autre personnage, mais lequel ? Sans raison apparente, j'ai eu la réponse à ma question : Sookie me fait penser à Claire de Heroes. La comparaison n'est pas très élogieuse mais comme elle, elle doit fuir à ses nombreux détracteurs et comme elle, elle se trémousse dans son uniforme (celui de cheerlader pour Claire et celui du serveuse pour Sookie). Aussi futile soit cette question, elle révèle cependant le manque de réel intérêt pour le season finale. Finalement, c'est comme si les scénaristes voulaient régler au plus vite ce fil rouge qu'ils ont pondu (quoique inspiré de romans). Et cela va de soi, le tueur en séries ne peut être qu'un personnage, non pas principal (car cela impliquerait bien trop de changements dans l'intrigue générale) mais suffisamment présent pour que le public n'ait pas l'impression d'être pris pour des cons. En l'occurrence, il s'agit d'un personnage secondaire qui n'est pas moins que René. La volonté de la série de finir au plus vite avec ce fil rouge très mal amené s'observe dès l'introduction, avec un plan sur René justement. Il ne faut pas être diplômé d'une école de scénaristes pour se rendre compte que c'est bien lui le tueur en série. Le suspense anéanti, la série devait sauver les meubles en offrant tout de même une résolution intelligente. Autant dire que True Blood nous a habitué à trop attendre d'elle ! Aussi, en vous épargnant les inutiles détails, les crimes de René se justifient "juste" au nom de ses idées racistes contre les vampires. Je ne dis pas que les crimes racistes sont trop banaux pour être pris au sérieux, juste que c'est une très maigre résolution de l'intrigue pour une série ou toute œuvre de fiction. Les scénaristes ont choisi la voie de la facilité. Soit. Mais suivre cette voie ne peut se faire que s'il y a encore du potentiel.

Toutefois, c'est à un nouveau problème que se confronte la série : le potentiel de ses nouvelles intrigues pour la saison prochaine est maigre. Non seulement les scénaristes ont avorté le fil rouge de la première saison au vue de s'en débarrasser au plus vite mais choisissent en outre d'ouvrir des intrigues brouillonnes dont ils décideront de définir les tenants et aboutissants pendant les vacances qui ont suivi la fin de l'écriture de la première saison. En effet, toutes ces nouvelles histoires sont mal amorcées, viennent de nulle part et restent suffisamment floues pour être brodées entièrement après les congés des scénaristes. Rien ne serait donc préparé à l'avance. Au fond, le développement de Tara n'a été qu'un prétexte pour mettre en valeur d'autres personnages : l'aide de son "assistante sociale" m'avait déjà laissé dubitatif et l'intrigue se décrédibilise encore plus quand cette dernière se révèle être une connaissance de Sam. Aider Tara pour mieux se rapprocher de Sam ? Bof, je suis peu convaincu. Certes, elle aussi cache un secret mais il ne faut pas non plus être avoir la science infuse pour savoir qu'elle est comme Sam, une métamorphe. Les autres pistes sont encore plus mal amenées, à commencer par Lafayette qui rencontre on-ne-sait-quoi - probablement un vampire - pour finir sur un cliffhanger sans intérêt où l'on voit la jambe du cadavre de on-ne-sait-qui dépasser de la portière d'une voiture. Et je ne parle même pas du trip chrétien de Jason ! La boucle est bouclée, il faut en plus que les scénaristes en ouvrent une autre ?

En bref, trop d'événements se déroulent dans cet épisode, si bien qu'on n'en retient aucun. L'écriture de l'épisode est à l'évidence bâclée et il s'agit incontestablement du pire épisode de True Blood jusqu'à présent, bien qu'il reste agréable pour un téléspectateur totalement passif.

Note :
9 / 20

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10 octobre 2009

True Blood 1x11 : To Love Is to Bury

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J'ai peur que la saison ne se termine comme elle a commencé, de façon brouillonne, de façon à ce qu'on tire le fil suffisamment pour que cela atteigne le dernier épisode. La série s'efforce de dynamiser son intrigue mais elle le fait de manière beaucoup moins convaincante ici.

Le procès de Bill dure une éternité puisque c'est déjà le troisième épisode qui en traite exclusivement dans la partie qui lui est consacrée. Mais, comme à l'accoutumée, ce qui est habilement mis en avant dans l'épisode, c'est une certaine unité entre les personnages. Ici, tous prennent d'autres personnes sous leur aile ou à l'inverse, sont pris sous l'aile d'autres personnes. En l'occurrence, Bill doit apprendre la vie de vampire à la nouvelle recrue, qu'il a du tuer selon un principe d'œil pour œil, dent pour dent. La situation est quand même plutôt amusante, surtout quand celle-ci refoule tous les principes religieux auxquels elle a été éduquée. C'est finalement une façon de dire que livrés à soi-même, on est beaucoup moins pieux qu'au sein d'une communauté. Toujours est-il que l'on patauge dans cette partie consacrée à Bill et c'est d'autant pire que l'on sait très bien que la querelle sur laquelle se termine l'épisode n'est qu'un prétexte pour amorcer le season finale, avant que Sookie et lui se réconcilient. La partie n'est pas non plus gagnée pour Sam, la deuxième personne à prendre Sookie sous son aile, accessoirement métamorphe. En définitive, l'épisode ne nous apprend strictement rien de ce que l'on sait déjà : la partie ne vaut que pour le processus de "vampirisation".

De même, la partie consacrée à Tara déçoit relativement puisque l'on avance guère par rapport à l'épisode précédent et tout vient de nulle part quand il s'agit de ce personnage, que ce soit la possession démoniaque de Lettie Mae ou, ici, la caution payée par une illustre inconnue qui prend, sous son aile, la pauvre Tara désabusée. Cette dernière reste quand même reléguée au second plan et c'est fort dommage car c'est un personnage, peut-être moins ambigu et mystérieux que Sam, mais qui suscite plus notre empathie, malgré sa voracité d'ailleurs. La scène où Lettie Mae rend visite dans la cellule de sa fille est particulièrement prenante et touchante : elle privilégie son amour pour Dieu que celui pour sa fille et en ce sens, elle la poignarde dans le dos. L'aide de ladite illustre inconnue sera sans doute bien nécessaire mais cette pseudo-assistante sociale richissime est trop floue pour susciter réellement notre curiosité. L'autre personnage à s'être fait poignarder dans le dos est Lafayette, trahi par l'un de ses clients sénateur qui s'oppose aux vampires alors qu'il savoure le sang de ces derniers. Gageons que Lafayette prendra la campagne de ce politicien sous son aile ! Et, après tout, ce peut être une idée très intéressante si elle est bien traitée.

Sans tenants, ni aboutissants du fil rouge, il est difficile de s'y intéresser convenablement. La cadence reste la même depuis le début de la série, les meurtres à Bon Temps restent relativement réguliers. En fait, ce qui est étonnant, c'est la façon par laquelle les habitants de cette ville réagissent aux meurtres de leurs voisins, comme s'il s'agissait d'un fait divers banal. Sookie se rappelle, par l'intermédiaire de ces rêves qui arrivent, comme par hasard, au bon moment, à la veille du season premiere, que sa grand-mère (et son chat) ont été tués par un inconnu. Le début de l'enquête improvisée de Sookie se révèle peu fructueuse et l'intrigue se concentre surtout sur sa relation avec Sam. Si je parle de cela, c'est pour amorcer sur la mort d'Amy (youpi !) survenue de manière complètement impromptue et c'est assez amusant de constater que Jason ait encore un lien avec chaque morte (il faut préciser d'ailleurs que ce sont toutes des femmes si je ne me trompe pas). A l'instar des autres, Amy continue de prendre son petit ami sous son aile et veut s'accorder une dernière prise de V, histoire de boucler la boucle. On n'échappe guère à la scène de délire que provoque cette prise, identique à celles que l'on connait déjà, à une exception : Amy s'envole, tel un ange, vers le ciel. Et en ce sens, elle a véritablement des ailes. Abattu, Jason se rend, coupable de quelque chose qu'il n'a pas fait, à la police. Désormais, toutes les intrigues du season finale sont prêtes.

En bref, beaucoup moins complets et subtils que les précédents, cet épisode déçoit assez, sans s'enfoncer dans la médiocrité bien évidemment. Il réussit une fonction importante, installer les intrigues en vue du dernier épisode, mais échoue à une autre fonction importante, celle de nous divertir. C'est regrettable.

Note : 10.5 / 20

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22 septembre 2009

True Blood 1x10 : I Don't Wanna Know

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En étant parti de rien, True Blood achève ici nombre de ses intrigues qu'elle a entamées mais ce n'est en aucun cas une mauvaise nouvelle, la série ne cessant de nous surprendre par des intrigues toujours aussi fraîches.

La boucle est bouclée pour presque tout le monde en fin de compte. Après avoir traité l'amour mutuel et les sacrifices que l'on fait par cet amour, la série s'interroge jusque où un individu, même vampire, peut aller s'il est parfaitement manipulé. On pense inévitablement, en premier lieu, à Jason qui n'est que le pantin d'Amy qui se révèlera être une psychopathe qui n'attire que de l'antipathie derrière ses bonnes intentions apparentes. Il est difficile de se prononcer sur la longévité de leur relation mais ce dont on peut être sûr, c'est que le couple battra de l'aile dans les deux derniers épisodes de la saison. Quoiqu'il en soit, Jason subit les frais, sur sa conscience, de la manipulation de sa nouvelle copine. L'intrigue m'a beaucoup fait penser au début de Breaking Bad : il y est, dans les deux séries, question de la survie d'un homme par simple décision d'un autre homme. Pesant le pour et le contre, il est encore plus difficile d'obtenir une conclusion satisfaisante et bien tranchées à une telle question. Je me tairais quant à la série pré-citée, de peur de spoiler, mais dans True Blood, l'issue est dommageable : après des tentatives infructeuses de plaire à son otage, Amy prendra le dessus, une fois de plus, sur Jason, en tuant simplement le vampire qui est, rappelons-le, innocent. Il n'est pas sûr que cette décision plaise à Jason qui voit le masque de son amie fondre, et plus encore, il n'est pas sûr que ce soit au goût de la communauté de Bon Temps. Je reste convaincue qu'une rixe se déroulera entre humains et vampire.

Ce qui me fait aller dans ce sens, c'est la tournure des événements de Bill, de son procès. Son intrigue ressemble en définitive beaucoup à celle de Jason : les deux hommes ont agi par amour, pour le préserver, la vie d'une personne dépend d'eux et leur entourage profitent de leur faiblesse pour mieux les manipuler. La faiblesse de Bill est d'avoir de la compassion, un mot qui semble apparemment inconnu du vocabulaire des vampires. En cela, il est discrédité. Bien loin des tribunaux que l'on connait, celui des vampires est un tribunal de fortune et les séances sont présidées par un acteur que je vois beaucoup ces derniers temps, également habitué aux rôles de méchants (et je me demande même s'il a déjà joué d'autres rôles que celui d'antagoniste), à savoir Željko Ivanek. Cependant, la performance très convaincante de l'acteur ne cache pas la certaine légèreté de la sanction de Bill. Au final, ce sera deux poids, deux mesures : un personnage très mineur se verra arracher les dents tandis qu'un personnage principal se verra offrir un cadeau empoisonné pour une faute bien pire. Certes, il est empoisonné mais cela reste un cadeau que d'offrir une innocente humaine à tuer. C'est quelque part une déception car l'affaire est résolue avec une grande facilité et il aurait été bien mieux que Bill sorte du tribunal avec un lourd fardeau à porter pendant quelques temps. Ceci dit, c'est la partie de l'épisode la plus passionnante.

Bill étant absent, Sookie avait besoin d'un autre chien de garde qui était incontestablement Sam. Je ne m'attendais pas à ce qu'il révèle son secret si rapidement mais c'est avec du recul une bonne nouvelle car cela évitera de tourner autour du pot. Je passerai rapidement sur son cas, bien qu'il faille noter que Sam n'est pas un loup-garou comme l'avaient présagé les épisodes précédents mais il peut se métamorphoser en animaux et peut-être même en humains, bien que ce soit extrêmement difficile. Je ne cesse de le répeter : il est le personnage le plus ambigu et mystérieux de la série, je le pense encore. En quelque sorte, il semble faire son propre plaidoyer et veut être vu comme un gentil gars. Il a certainement bien plus à se cacher. Il manipule les gens dans le sens où il profite de leur non-hostilité envers les chiens ou animaux en générale pour atteindre son but. Pire, il est probable (mais cela reste une hypothèse) qu'il soit celui qui a tenté d'attraper et d'agresser Sookie dans le restaurant. Venant au secours de ce dernier, il aurait alors changé de rôle dans cette mise en scène, pour mieux manipuler Sookie qui le verrait ainsi comme son sauveur et protecteur.

Il est enfin question de manipulation, encore une fois, en ce qui concerne Tara. Mais cette dernière n'agit pas par amour mais pour ses relations avec les gens en généra afin de soigner son agressivité. On apprendra dans l'épisode que Tara, comme sa mère, se sont fait arnaquer par leur exorciste qui rencontrait alors des problèmes financiers. La défense de chacune se vaut et l'exorciste fera mouche quand elle demanda à Tara si sa mère a retouché aux bouteilles d'alcool. True Blood propose une réflexion intéressante sur la foi et la religion en général et bien que je reste entièrement athée, je dois reconnaitre que les effets de la foi peuvent être bénéfiques. C'est en fait un effet placebo : parce que l'on croit qu'on ira mieux après avoir fait quelque chose, on se sentira effectivement mieux mais pas pour autant guéri. Il est à noter quand même que si les croyances diverses facilitent un tel effet, par le biais des prières, n'importe quel athée peut arriver à ce but aussi s'il s'en donne les moyens. Ceci dit, pour revenir à l'épisode en lui-même, l'exorciste a usé de la faiblesse de Tara, qui a pris conscience de son comportement, pour mieux la manipuler et subvenir à ses intérêts propres. C'est une autre page qui se tourne, comme celle des autres personnages, et on garde un bon souvenir de cette intrigue, en particulier les scènes d'exorcisme très bien réalisés, intrigantes et passionnantes.

En bref, un épisode important pour la première saison de True Blood puisqu'il met un terme aux intrigues qu'elle a entamées. Tous les personnages tombent des nues et on ne peut qu'imaginer que les deux derniers épisodes traiteront des réactions de ces derniers. La série devra lancer de nouvelles intrigues, ce qui est un risque à prendre, mais j'ai confiance en True Blood.

Note : 15 / 20

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09 septembre 2009

True Blood 1x09 : Plaisir d'amour

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Un épisode dans la continuité du précédent, lui-même dans la continuité de son précédent. Organisant l'épisode de la même manière que les précédents, cet épisode est en-deçà de ce que l'on a connu malheureusement.

True Blood reste quand même une série très intelligente et si la construction de son épisode, s'ouvrant avec la résolution très moyenne d'un cliffhanger déjà bien moyen et se finissant par un cliffhanger tout aussi moyen, il y a une certaine unité entre les personnages. L'épisode porte fort bien son nom puisqu'il traite de l'amour et des sacrifices que l'on doit faire pour y parvenir. Cette idée est surtout représentée par Bill qui, pour défendre Sookie, n'hésite pas à tuer l'un des siens, sous les yeux d'autres vampires. La résolution du cliffhanger est de fait extrêmement facile et Sookie écopera seulement d'un bain de sang sur tout le corps. Il est évident que Alan Ball et son équipe maîtrisent encore très mal le cliffhanger et peinent beaucoup à découper la série en épisodes. Ceci dit, on ne nous ennuie plus avec la romance entre Sookie et Bill, pour s'intéresser à une relation plus ambiguë, celle entre Eric et le couple. Il n'est pas impossible qu'il ait invité Sookie pour justement tester Bill sur sa fidélité envers les siens ; après tout, il est resté de marbre devant le meurtre du barman de Fangtasia. Il ne souhaitant tant pas se venger de celui qui a volé dans la caisse du bar mais juste analyser la réaction de Bill et sauter sur l'occasion pour le faire passer devant les juges des vampires. Il acceptera cette contre-partie et en cela, il s'est sacrifié par amour.

Quant à Tara, elle sacrifie son âme pour en conquérir d'autres, en particulier celle de Sam. On en oublierait presque qu'à l'origine, Tara avait des vues sur Jason mais il en est souvent ainsi dans les séries télévisées : on prétexte qu'un personnage n'est pas insensible aux charmes d'un autre, ce qui fonctionne globalement quelques épisodes, avant d'ignore ce dernier et se concentrer sur un autre. C'est ce qui s'est notamment passé avec Sid, qui est passé de Michelle à Cassie dans Skins. Voilà pour l'anecdote. Quand je parle du sacrifie de l'âme de Tara, je pense à l'exorcisme qu'elle a prévu bien qu'elle doute encore de l'existence d'un démon à l'intérieur d'elle. Finalement, on ne saura jamais si elle a effectivement un démon en elle puisque à peine eut-elle le temps de compter les secondes à supporter son propre reflet qu'elle fut interrompue par sa mère qui, elle, voit très mal sa relation naissante avec Sam. Toujours est-il qu'on n'en saura pas plus sur cet exorcisme et que l'épisode se résumera à Sam qui, lui aussi, sacrifie 800 dollars pour elle. Par contre, savoir s'il s'agit d'une preuve d'amour ou non, cela est difficile à dire, Sam est un personnage très ambigu, si ce n'est le plus ambigu de la série, et joue sur les deux tableaux, autant qu'il joue aussi bien le chien et l'humain. Sans surprise, on apprend que Sam peut se métamorphoser en chien (et non pas en loup-garou comme je l'avais pensé), un pouvoir qu'il maîtrise cependant encore assez mal puisqu'il se réveille nu sur le lit de Sookie qui s'attendait à voir le chien du Merlotte, dans un cliffhanger plutôt drôle. C'est également un sacrifice d'amour : là où Tara veut sacrifier son âme, Sam sacrifie son intégrité humaine mais passe aussi outre les problèmes de maîtrise qu'il rencontre avec ce pouvoir.

Enfin, Jason n'échappe pas à la règle et lui aussi, sacrifie son intégrité humaine par amour, en torturant un vampire après avoir en avoir tiré profit, sous prétexte qu'il était juste un vampire. Autant dire que c'est la partie qui m'a le moins intéressé, tant elle monopolise l'épisode et se montre répétitive et ce, malgré les efforts des scénaristes à la rendre plus sérieuse via le témoignage du vampire gay. Pendant la bonne première moitié de l'épisode, on se contentera de suivre Jason et Amy dans leurs délires, sans aucun approfondissement, c'est juste long et sans intérêt, surtout que ça fait redite à l'épisode précédent qui lui-même faisait redite à l'épisode qui le précédait. Amy est tout juste une junkie manipulatrice qui a besoin d'un compagnon de défonce. Le huit-clos dans la cave, entre Jason et le vampire est déjà nettement meilleur bien qu'il préfère suivre la pensée de sa copine plutôt que la sienne. C'est vraiment dommage.

En bref, un épisode qui présente bien trop de longueurs et qui ne fait hélas pas bouger la situation dun iota. L'épisode reste naturellement agréable à suivre mais après quelques bons épisodes, il ne faut pas que la série se repose sur ses lauriers.

Note : 13 / 20

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25 août 2009

True Blood 1x08 : The Fourth Man In the Fire

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L'adrénaline est moindre dans cet épisode, ou beaucoup moins bien répartie du moins. Malgré une résolution de cliffhanger qui ne pouvait que se réveler décevante, la série garde sa saveur.

Tout au long de l'épisode, l'épisode soutient l'idée que l'on a, parfois mutuellement, besoin de quelqu'un. Évidemment, le personnage le mieux placé pour en témoigner s'appelle Sookie, que nous avons laissé l'épisode précédent avec quatre cadavres dans la maison de l'amour en flammes. Si la mort d'Adele était inimaginable, bien qu'elle se soit produite, celle de Bill est aussi inimaginable jusqu'au bout et on ne comprend guère l'intérêt de ce cliffhanger, sinon de permettre à Anna Paquin de faire son auto-promotion à travers une scène au cimetière moyennement réussie, son échange avec Tara étant beaucoup plus convaincant. Autant que Sookie a besoin de Bill, Bill a besoin de Sookie. Aussi, la blonde un peu cruche de la série est tout feu, tout flamme en apprenant que son amant n'ait pas été carbonisé. Toutefois, la série a bien fait de ne pas s'attarder longtemps à ce cliffhanger et de le résoudre rapidement, nous épargnant sur les doutes et inquiétudes de Sookie. La réciprocité que j'ai soulignée en début de critique se retrouve aussi chez ses amis Arlene et René qui finissent par se marier. On passera rapidement sur leur cas, autant qu'on passera rapidement sur la soirée baby-sitting de Sookie et de son vampire. Mais, la réciprocité est surtout présente quand Eric entre en scène, exigeant (plutôt que de demander) à Bill d'utiliser le don de sa compagne, en échange du maintien de leur couple puisque le vieux vampire ne voit pas d'un bon oeil la propriété de Sookie par Bill. A défaut de réellement servir le fil rouge, la télépathie de Sookie est la condition de la survie, sa monnaie d'échange contre son maintien en vie. Il reste quand même un bémol, quant aux cliffhangers de la série : en plus d'être dispensables pour la moitié d'entre eux, ils sont tellement soudains qu'on reste plus hébétés que réellement surpris et intrigués.

Deux épisodes auparavant, il ressortait chez Jason un besoin d'entretenir une relation stable et sérieuse après avoir été confronté à la mort de sa grand-mère et de la temporalité de la vie en général. Dans cet épisode, les besoins sont une fois de plus réciproques : en apprenant à mieux se connaître, Amy et Jason voient chacun chez l'autre, une qualité qu'ils recherchaient depuis longtemps. Ce lien est d'autant plus fort que l'un a besoin de l'autre en tant qu'ami de défonce. Mais bien que le V les rende heureux ensemble, il les affecte individuellement puisqu'il créé une dépendance, si bien qu'ils organisent une descente chez un vampire homosexuel, qui est aux antipodes de ceux que l'on a connus puisque très réservé. Lafayette tire ses épingles du jeu en se prostituant en échange de flacons du sang de son "client". La réciprocité est ici beaucoup plus malsaine, surtout quand Lafayette cache son indifférence totale envers celui qu'il ne considère que comme un partenaire d'affaires. La situation fait beaucoup penser au commerce de fourrure d'animaux, à peu de choses près, les vampires restants des humains.

J'adhère peu aux intrigues dont le sujet central est la religion. Cependant, les séances d'exorcisme étaient beaucoup plus folkloriques que je ne l'aurais imaginé et ici, c'est un autre lien qui allie Lettie Mae et son dieu. Finalement, c'est sa pratique religieuse qui lui a permis d'évacuer le démon qui est en elle. True Blood n'est pourtant pas le plaidoyer de la religion, elle dénonce au contraire le fanatisme qui conduit à dépenser plus de 400 dollars pour un exorcisme qui n'en est un que quand on y croit par exemple. Et c'est, en définitive, l'impiété de Tara qui l'aurait conduite à se montrer aussi agressive à l'égard de tous. Elle est le contre-exemple de ce qui fait l'unité de l'épisode puisqu'elle a seul à chercher à se séparer de quelqu'un : son démon. Sam est l'un qui subit la virulence de Tara mais il a ici d'autres soucis auxquels penser puisque sa promenade dans les bois, complètement nu, remonte à la surface. Il n'y a rien à en dire, si ce n'est que je suis de plus en plus persuadé qu'il a des gènes canins.

En bref, True Blood rate aussi bien ses débuts que ses fins d'épisode. Toutefois, le reste, la très grande majorité de l'épisode, est très agréable à regarder. Les intrigues commencent à prendre de l'importance et de l'intérêt et après un épisode de True Blood, on n'a qu'une envie : regarder le suivant. Les cliffhangers ont beau être mauvais, ils sont donc efficaces.

Note : 14.5 / 20

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09 août 2009

True Blood 1x07 : Burning House of Love

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La série confirme son envolée et je n'ai pas peur de dire qu'elle est en train de devenir une de mes préférées (tout dépendant de l'échelle à laquelle on se situe cependant). Les vampires de True Blood sont parvenus à m'hypnotiser et s'éloigne peu à peu de la série brouillone sans unité que l'on avait connue au tout début.

La série était bel et bien handicapée par la relation entre Sookie et Bill qui peinait à commencer. Sookie ne s'interroge plus de savoir si elle peut ou non vivre une relation amoureuse avec un vampire mais elle fonce, tête baissée, suivant son cœur et ce n'est pas plus mal. Toutefois, contre toute attente de ma part, elle ne devient pas vampire, Bill la mord uniquement pour susciter encore plus de plaisir dans le rapport sexuel, rien d'autre. Les deux forment un bien meilleur couple que Sookie et Bill, il n'est donc guère étonnant que Anna Paquin et Stephen Moyer (respectivement les interprètes de Sookie et Bill) sont fiancés. Toujours friand de scènes de télépathie, j'ai à ce titre beaucoup aimé la scène de flashback entre Sookie et son oncle qu'elle a déclaré persona non grata à l'enterrement d'Adele, bien qu'elle ne regorge pas en surprises puisqu'on y apprend que Sookie a été probablement victime des intentions pédophiles et même incestueuses de son oncle. Restée insensible à ses intentions du fait de son jeune âge, elle en aurait pris conscience plus tard. Bill achève le travail en le tuant tout bonnement et simplement et il est à craindre pour la communauté de vampires d'être encore plus méprisée. La discrimination des vampires est d'ailleurs l'un des sujets centraux de l'épisode et c'est finalement l'un des sujets que je préfère. Entre les extrémistes qui veulent l'épuration des vampires, qui sont prêts à y contribuer et les résidents de Bon Temps qui ne cachent pas leur satisfaction quand cet idéal se rapproche, autant dire que l'atmosphère est glaciale sous le soleil de Louisiane. J'ai du mal à cerner les intentions de Bill quand il rejoint ses pairs mais ce dont je suis sûr, c'est qu'il ne fait pas partie de ces quatre vampires frits. Seulement, il fallait un prétexte pour créer un cliffhanger qui prévoit peut-être une rébeillon des vampires.

Parmi les "vampirophobes", on peut citer Jason qui cache sa haine, l'instant de se procurer du sang de vampire, le malheureux devenant totalement accro, à défaut de pouvoir en demander à Lafayette avec qui il s'est sérieusement accroché ; à l'instar de Sookie. Le frère et la sœur sont en froid depuis le décès d'Adele et Jason n'a plus que lui-même pour s'en sortir. La seule relation tendue qui se justifie, c'est avec sa copine de baise nymphomane, espérons seulement qu'elle ne revienne plus mettre un pied dans les affaires de Jason. Ce dernier fait une escale au bar de vampires et y rencontre une femme (humaine probablement) lui proposant du V justement. À mon sens, la partie de Jason est un peu trop longue mais la femme a beaucoup plus de potentiel que sa précédente copine, si seulement il arrive quelque chose entre les deux. Le délire de l'hypothèse Gaïa de cette femme monopolise un peu trop les scènes, qui sont cependant atténuées par Jason qui se défend comme il peut en parlant de Pluton, devenue planète naine.

Beaucoup plus marge que la partie de Jason, l'exorcisme de la mère de Tara n'est pas pour autant moins intéressant, c'est même l'inverse. Après avoir rendu visite à un Sam Merlotte devenant dingue (et qui, en courant nu dans la nature, confirme de plus en plus mon hypothèse d'une éventuelle lycanthropie), Tara accompagne sa mère pour virer une bonne fois pour toutes le démon qui la possède. Cette scène d'exorcisme vaut surtout pour son côté folklorique car il est pour l'instant impossible d'avoir des perspectives avec le personnage de Tara même si son visage témoigne sa surprise, mêlée à l'anxiété d'avoir elle-même un démon, étant donné son sale caractère. Le seul reproche que je pourrais adresser, c'est que l'on se déconnecte encore un peu plus de la réalité mais c'est peut-être cela qui fait le charme de la série.

En bref, True Blood s'améliore une fois encore et nous offre un épisode passionnant qui promet d'autres épisodes de grande qualité avant le season finale.

Note : 17 / 20

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02 août 2009

True Blood 1x06 : Cold Ground

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True Blood commence à me plaire et pour cause, l'épisode traite d'un sujet que Alan Ball a traité pendant cinq années auparavant, celui de la mort et du deuil. En est-il autant avec les vampires ? C'est à voir.

Je ne m'attendais pas à ce que Adele meurt réellement, elle faisait partie pour moi de ces personnages intouchables nécessaires à la série. Je m'attendais à ce qu'elle revienne en tant que vampire mais non, je connais encore mal le processus pour devenir vampire et elle est bel et bien mort, charcutée dans un horrible bain de sang. Et pourtant, elle était encore restée plutôt jeune, jeune dans sa tête et faisait surtout preuve d'une grande ouverture d'esprit : en cela, elle faisait figure de mentor pour sa petite-fille Sookie. La voilà comme orpheline, livrée à elle-même, personne n'est plus là pour dire comment agir et connaissant Sookie, on sait bien qu'elle agira plus en suivant son cœur qu'en suivant sa tête. Elle nous le prouve tout au long de l'épisode puisqu'elle doit choisir entre un Sam Merlotte chaleureux, bien vu des résidents de Bon Temps mais affreusement ennuyeux ou alors choisir l'aventure avec le vampire Bill qui ne peut cependant pas lui inspirer confiance. La mort d'Adele est traitée avec une grande justesse, preuve que Alan Ball retourne sur des sentiers qu'il a battus lui-même. Sans tomber dans la mièvrerie, l'enterrement est très émouvant et je dois dire que Anna Paquin m'a surpris par sa performance plus que correcte, même si des efforts restent encore à faire. L'épisode a l'énorme avantage de ne pas s'attarder sur la relation Bill-Sookie qui est la plaie de la série, à l'exception de la fin dudit épisode où l'on voit Sookie courir à travers un cimetière, en robe de nuit de surcroît, rejoindre son beau jeune-vieux vampire. C'est d'ailleurs de loin la pire scène de l'épisode, tant elle est mièvre et clichée. Heureusement, de la simple scène de baisers langoureux, on passe à une morsure que Sookie a justement demandée. En fait, si Sookie a appris une leçon dans cet épisode, c'est que la vie est éphémère et son arrêt impromptu. C'est le B.A.-B.A mais Sookie n'a jamais vraiment brillé par son intelligence. Aussi, déciderait-il de devenir, à son tour, vampire ? Ce serait fort intéressant, surtout quand on connait la phobie des vampires que partage la quasi-totalité des résidents de Bon Temps. Par contre, suis-je le seul à trouver le sang dégouliner beaucoup plus dégoûtant quand il provient du cou ou de l'épaule qu'ailleurs ?

Mais la mort d'Adele a des répercussions bien plus importantes, qui touchent les personnages autres que Sookie, à commencer par son frère Jason. Si j'ai bien compris, le V, c'est l'anti-Vallium (que Lafyette prescrit d'ailleurs à Sookie pour se calmer, faire le vide dans sa tête) et le pauvre Jason le prend pour se calmer alors que ça a justement l'effet inverse. Lafyette l'avait prévenu : en prenant le V, il s'ouvre à tout et ce tout a même des proportions exagérées. Aussi, risque-t-il d'être plus affecté par la mort de sa grand-mère, autant qu'il est plus affecté que les autres par la chaleur de Lousiane. Peut-être que sans le V, il n'aurait pas frappé sa soeur et ne lui aurait pas reproché ce qu'il s'est passé. Finalement, il est prêt à adhérer à la théorie de tous les résidents de sa ville, à savoir que si Adele est morte, c'est à cause des vampires. Et dans la mesure où ils sont inaccessibles, ils rejettent la faute sur celle qui apparait comme étant la plus proche de ces derniers. En revanche, on fait les yeux doux à Sam qui veut leur extermination. En outre, cette épreuve fait prendre conscience aux personnages qu'au vue de la temporalité de la vie, il est préférable d'avoir une relation stable (la solitude, qu'elle n'a pas choisie cependant, n'a rien apporté de bon à Adele, après tout). La fin de l'épisode met l'accent sur cette idée : là où Jason pleure, dans l'indifférence de sa copine (qui s'apparente à une "copine pour la baise") qui ne lui accorde pas un regard ; Sam déclare, de son côté, directement à Tara qu'il veut une relation durable et sérieuse. En définitive, si Jason a gagné en maturité (ce qui reste toutefois à confirmer dans les prochains épisodes), Tara préfère revenir aux valeurs sûres, à savoir le cocon familial, réduit à une mère qui veut se racheter.

En bref, un épisode intelligemment écrit et intelligemment réalisé qui est de loin le meilleur de tous, de la série, jusqu'à présent. Cependant, si True Blood confirme qu'elle connait son sujet en termes de mort et de deuil qu'elle sait traiter avec justesse, il lui reste à se décomplexer quant au sujet des vampires qu'elle traite de manière inégale.

Note : 16 / 20

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26 juillet 2009

True Blood 1x05 : Sparks Fly Out

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Pour rappel, avant qu'il créé True Blood, Alan Ball avait créé Six Feet Under et on reconnait finalement bien sa griffe dans cette série. Reste à savoir si True Blood est une série totalement originale, un Six Feet Under bis ou son ersatz.

Mais Six Feet Under, c'était avant tout cette série à la fois lente et passionnante qui variait les moments ennuyeux à mourir et les intenses. En regardant True Blood, on s'accorde à dire que la formule n'a pas changé. Quoiqu'en dise sur l'alchimie entre Sookie et Bill (inexistante, à mon sens), leur relation est d'un intérêt quasi-nul et je m'attendais à pire en regardant l'introduction. Si l'on ne reprochera pas la qualité des dialogues, ils se résument à des questions peu intéressantes. Aussi, Sookie s'interroge de savoir si elle aime vraiment Bill, si elle peut vraiment aimer un vampire, si elle aime tant que ça ne pas pouvoir lire dans les pensées de quelqu'un ; autant dire qu'on se contre-fiche et l'épisode en pense pareil puisqu'on évoquera peu cet amour impossible au long de l'épisode. On préfère cependant accorder une part non négligeable à un autre amour impossible, celui entre Sam et Sookie. Là encore, aucune alchimie ne règne, Sam et Bill jouent sur le même parcours, à savoir qu'ils sont deux hommes peu expressifs, à la limite de la timidité, et renfermés sur eux-mêmes. C'est blanc bonnet, bonnet blanc. La seule différence réelle vient peut-être du secret qu'ils cachent ; je reste convaincu que Sam en cache effectivement un. En fait, la lycanthropie de Sam que j'ai supposée quand il grognait dans son sommeil dans un épisode antérieur se confirme ici, quand Sookie trouve curieux que Sam "pense des sons" alors que la majorité pense des images ou des phrases. Cela revient à dire que Sam est bestial et quelque part, similaire à un loup-garou.

Là où on reconnait la griffe d'Alan Ball et celle des scénaristes de Six Feet Under (ne les oublions pas), c'est au niveau de son engagelent pour vaincre la discrimination. Cela passe notamment par l'approbation de l'Eglise. Déjà, du temps de SFU, David Fisher était devenu diacre pour faire taire les préjugés. C'est peut-être l'aspect des séries d'Alan Ball que j'aime le moins, pour un anti-religieux comme moi, la part trop importante consacrée à la religion, même si sa position à son égard reste ambiguë. La série montre intelligemment à quel point certaines personnages sont réduites pour se faire respecter : alors qu'il n'est redevable à personne, encore moins aux résidents de Bon Temps qui sont leurs persécuteurs, il se sent comme obligé de faire ses preuves en narrant les souvenirs de la guerre de Sécession. En outre, on développe le personnage de Bill en nous faisant part de flashbacks sur son expérience de la guerre et surtout, de la façon dont il est devenu vampire. Même si ce n'est pas très clair, il semblerait qu'être vampire, ce soit le cadeau empoisonné d'une femme marginale en mal d'amour ; un cadeau qu'elle n'a pas voulu offrir à d'autres soldats beaucoup moins polis. Cela reste très nébuleux mais on comprend en revanche pourquoi il n'est jamais retourné vers sa famille : il n'a pas eu le choix. Et d'une certaine manière, Lafayette n'a pas non plus eu le choix d'être homosexuel ; comme les clients n'ont pas eu le choix d'avoir un cuisinier homosexuel. Dire que Lafayette fait ses preuves en se montrant sous un autre jour que l'image véhiculée des homosexuels, ce serait donner raison aux arguments homophobes qui estiment que les homosexuels doivent prouver qu'ils sont autant Américains qu'eux. Et même presque 30 ans après que l'existence du virus ait été communiquée au monde, il existe encore des amalgames entre séropositifs et homosexuels...

Enfin, là où on voit que True Blood ressemble à Six Feet Under, c'est sur sa tendance à prendre parfois la situation de manière humoristique et légère. Comparer les deux séries n'est d'aucun intérêt puisque True Blood est beaucoup plus légère que SFU mais l'épisode regorge de scènes très drôles, à commencer par celle où Tara se protège de la télépathie de Sookie par des "lalalalala" (j'en ris encore, rien que d'y penser). Par ailleurs, tout le délire de Jason, depuis qu'il ait pris du V à une dose raisonnable, est particulièrement amusant. En fait, le Viagra n'a de V que sa première lettre ; le V apparait en plus comme une drogue. Toutes ses hallucinations sont drôles, même si on peut se demander vers quoi ça nous mène. True Blood reste encore dénudée de fils rouges, bien que les meurtres à répétition pourraient en constituer un. Le dernier en date est, à notre grande surprise, la grand-mère de Sookie mais après deux cliffhangers de ce genre, cela commence à être très lassant, malgré l'importance du personnage cette fois-ci. C'est là aussi que l'on reconnait la patte d'Alan Ball : il n'est pas habitué aux cliffhangers.

En bref, un épisode où toutes les sensations sont présentes, que ce soit le rire, la surprise, le drame mais aussi l'ennui. On se serait finalement bien passé de ce dernier, qui empêche à l'épisode d'être meilleur mais qui ne l'empêche pas cependant à être le meilleur jusqu'à présent.

Note : 14.5 / 20

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11 juillet 2009

True Blood 1x04 : Escape From Dragon House

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Il m'a beaucoup amusé cet épisode. À l'approche de la mi-saison, la série continue d'installer son décor et s'il se passe moins d'événements dans cet épisode que dans les autres, il n'en est pas moins intéressant.

Effectivement, l'épisode m'a beaucoup amusé et ce, grâce à Jason qui, finalement, est en train de devenir mon personnage préféré de la série. Ce beau gosse a tout pour plaire physiquement mais tout pour déplaire moralement puisque incroyablement narcissique, mais il enchaîne les malheurs un par un et ces malheurs atténuent ses défauts j'ai envie de dire. À bon Temps, c'est le deuxième meurtre en une semaine et c'est aussi la deuxième fois que Jason est pointé du doigt, après le cas de Maudette. Mais c'est plus par chance que par intelligence que Jason a été libéré et il le prouve une fois de plus puisqu'il se tire une balle dans le pied en ayant absorbé tout le flacon de V. Évidemment, les conséquences ne pouvait être que cocasses puisque, rappelons-le, le V est un puissant stimulant érectile, bien plus que le Viagra et ce, à raison de deux gouttes maximum. C'est sûr, Jason n'a pas été très futé. Mais c'est lui qui offre, de loin, les meilleures scènes de l'épisode, une trêve comique dans une série qui se veut à la fois drôle et dramatique. Enfin, c'est surtout dramatique pour le jeune homme qui, à force de bander, éjacule on-ne-sait-quoi, un mélange de sperme et de sang... Je n'ose pas me refaire la scène pour confirmer tant elle est écœurante. On n'aimerait certainement pas être à la place de ce pauvre Jason qui est hospitalisé en urgence, en lui pompant le sang du phallus. Quoiqu'il en soit, Jason devient mon personnage préféré dans la mesure où il ne cache aucun secret et qu'il agit tel qu'il est. À l'inverse, Tara nous fait partager des scènes d'enfance qui peuvent expliquer son attirance à l'égard de Jason. Finalement, rien n'a changé chez la mère de Tara : elle a toujours été alcoolique et elle n'a même pas pris une ride, seulement des grammes d'alcool de plus dans le sang. Un personnage qui a, en revanche, beaucoup changé, c'est Sam qui devient de plus en plus inquiétant, que ce soit ses aboiements pendant son sommeil, les menaces profanées contre les vampires à lui-même ou là, le fait qu'il revienne sur les lieux du crime sentir le doux parfum du meurtre.

Comme à l'accoutumée, la partie entre Sookie et Bill reste à l'écart de l'effervescence de Bon Temps, le couple continuant son petit bonhomme de chemin. Alors que ce sont les personnages qui sont censées susciter le plus la curiosité, de par leur don respectif, ils restent les plus superficiels. Aussi, les scénaristes ont vite compris que les scènes entre les deux risquent d'être peu intenses et ils décident de les emmener là où ça grouille de monde, notamment de vampires, sur une idée de Sookie une fois de plus. À la fois enrichissante et effrayante, l'expérience au Fangetesia (par analogie au Fantasia de Disney, justement cité) risque d'être gravé dans la mémoire de Sookie. Et si son don de télépathie a payé pour faire bon figure à Erick, le vampire le plus âgé du bar ; celui de Bill, d'hypnose, a porté ses fruits face au flic. Toutefois, il reste difficile de trouver une cohérence dans cette série, un fil rouge capable d'emboîter toutes ces informations... Les éléments restent dispersés et c'est là la principale faiblesse de True Blood ; la relative vacuité de son intrigue. Mais comme je l'ai dit en introduction, la série se cherche encore et nous verrons plus clair dans les épisodes à venir.

En bref, l'épisode reste dispensable mais cette faiblesse est compensée par le côté caustique de l'épisode, jouissif il faut le dire. Ça en fait même le meilleur épisode jusqu'à présent.

Note : 14 / 20

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04 juillet 2009

True Blood 1x03 : Mine

True_Blood_1x03

True Blood me fait penser à Prison Break dans la construction de l'épisode : il commence par la résolution d'un cliffhanger et finit sur un nouveau. C'est souvent ce que font les scénaristes quand ils peinent à écrire un épisode convaincant... Est-ce le cas de celui-ci ?

C'est en partie le cas. En fait, on pique du nez devant la première moitié de l'épisode qui s'intéresse sur la relation entre Sookie et Bill et autant dire que les amours impossibles sont la plaie des séries télévisées, que ce soit le couple Susan-Mike (Desperate Housewives), Sean-Julia (Nip/Tuck) et j'en passe, on tourne toujours autour du pot, autour de dialogues plats et répétitifs. Pourtant, l'épisode avait bien commencé avec la réunion des autres vampires tous assoiffés autant de sang que de sexe mais très vite, il s'est enlisé dans une mièvrerie insupportable avec Sookie qui met en doute la sincérité de cette relation. La pauvre blonde ne sait même pas ce qu'elle veut puisqu'elle lui reproche de ne pas pouvoir entendre ses pensées et j'en viens justement au fait que l'épisode fait peu état du "don" de Sookie, si ce n'est à l'introduction où elle prévient Bill que le jeune homme qu'il est sur le point de mordre a l'hépatite D. Je dois reconnaître que la force de cette série, c'est de placer dans un contexte moderne une légende ancienne. Si les infections sexuellement transmissibles sont là depuis longtemps, il n'empêche qu'elles posent de plus en plus de problèmes, surtout le SIDA. Et ce serait intéressant que la série en parle davantage car c'est finalement l'aspect le plus intelligent de cette série. Pour le reste, on ne peut compter sur l'intelligence de Sookie qui, malgré sa volonté de faire taire le stéréotype de la blonde idiote, commence doucement à devenir un boulet, si bien qu'elle met deux heures à réagir à la mort de sa collègue à la fin de l'épisode. Certes, s'ils ne sont pas transcendants, on ne peut pas nier la qualité honorable des dialogues en comparaison aux répliques stupides dont on a droit avec certaines brunes comme Susan Mayer.

Tandis qu'une Sookie, à libido en ébullition depuis qu'elle a bu le sang de son vampire, se masturbe à chaque occasion, son frère Jason a, lui, toutes les occasions de s'amuser et c'est là que l'expression "s'envoyer en l'air" prend tout son sens tant Jason met d'énergie à combler ses partenaires (qui ont beaucoup de chance, soit dit en passant). Mais je ne peux m'empêcher de penser que tous les habitants de Bon Temps cachent quelque chose. Ainsi, il est intéressant de constater que dès qu'il a un rapport avec une personne qui a, avant lui, couché avec un vampire, cette dernière meurt. Mais pour l'instant, il est difficile d'avancer une théorie consistante, il faut juste partir du constat suivant : Jason répand la mort autant qu'il répand ses fluides. Mais Jason n'est plus Jason s'il ne bande plus. Ainsi, il rendra visite à Lafayette pour obtenir une substance aphrodisiaque onéreuse moyennant un video tape. La scène est plutôt amusante et permet, une fois encore, de dire qu'à Bon Temps, tout le monde est déjanté.

Mais le pénis de Jason n'est pas le seul à subir un coup de mou puisque Tara met aussi de l'eau dans son vin quand il s'agit de se comporter avec sa mère alcoolique. Et autant dire que ce n'est pas de tout repos puisqu'elle en subit les frais, en étant frappé plus ou moins violemment. La série a peut-être pris un raccourci mais il est possible que ce soit cette situation familiale qui l'ait rendue si désagréable. Elle trouve en premier lieu refuge chez Sam qui cache, de son côté, une certaine détermination sous ses airs romantiques dans la mesure où il sous-entend qu'il en finira avec ce vampire. Mais c'est au cours de la nuit qui suit le plan cul entre Tara et lui que cette dernière remarque l'étrange comportement nocturne du gérant du Merlotte qui aboie pendant la nuit. De quoi en effrayer plus d'une, c'est certain. Que cacherait-il de son côté ? Un côté loup-garou ? Ou quelque chose de plus malsain et sexuel auquel True Blood aime nous habituer ? Tara apparait finalement la seule fille normale de cette ville qui perd petit à petit ses repères, surtout depuis qu'elle ait décidé de ne plus remettre un pied au domicile familial.

En bref, la série peine toujours à décoller mais semble vouloir atteindre son but lentement mais sûrement comme en témoigne cet épisode, par défaut le premier des trois. Toujours est-il que la série est handicapée par ce qui semble être l'un de ses fils rouges : la relation insipide entre Sookie et Bill.

Note : 13 / 20

Posté par Fabulio à 20:25 - True Blood - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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